Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
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LA MONCE Ferdinand de


Ecole française

Bosquet de l'Arc de Triomphe à Versailles

1690/1700

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 1985, Recto

Numéros de catalogue :
Inventaire Soulié S5347

LOCALISATION :
dépôt Versailles, Musée National du Château de Versailles

ATTRIBUTION ACTUELLE :
LA MONCE Ferdinand de
Salmon, Xavier

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
DELAMONCE Jean-Baptiste

TECHNIQUES :
plume, encre grise rehauts de lavis gris sur deux feuilles de papier crème, passé au stylet H. 40,6 ; L. 54,6 cm. montage dessin : H. 52 ; L. 73 ; Ep. 0,7 cm.
H. 00,406m ; L. 00,546m

HISTORIQUE :
Acquis au prix de 100 fr. de Marius Paulme le 27 décembre 1894. Entré au musée de Versailles le 22 février 1895. (MV 5347) (Inv. dessins 733)
Dernière provenance : Paulme, Paul Emile Marius
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1894


COMMENTAIRE :
A l'exemple de son père Jean Delamonce (1638-1708), Ferdinand-Pierre-Joseph-Ignace-Sigismond fut architecte, dessinateur et peintre-décorateur. A Lyon, en collaboration avec lui, il s'était exercé à l'art du dessin en fournissant plusieurs modèles destinés à la gravure d'illustration, en particulier pour l'Histoire civile et consulaire de la ville de Lyon du père Ménestrier. La feuille de Versailles fut gravée en 1715 par Maurice Baquoy dans le recueil de Demortain réunissant "Les Plans, Profils et Elévations, des Villes et Château de Versailles, avec les Bosquets, et Fontaines, tels qu'ils sont à présent". Passée au stylet afin de faciliter sa traduction par l'estampe, elle donne un état précis d'un bosquet qui disparut pendant le Premier Empire. Aménagé par André Le Nôtre en 1677 et en 1678 à l'emplacement du bosquet du pavillon d'Eau, il se situait à l'est de l'allée des Marmousets, entre le parterre nord et le bassin de Neptune. Dans l'édition de 1701 de sa Nouvelle Description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Piganiol de La Force révélait que sitôt à l'intérieur du bosquet l'on découvrait une fontaine d'une beauté surprenante. La France y était figurée par une statue de bronze doré, vêtue d'un manteau royal, ayant un coq pour symbole sur son casque et un soleil, devise du roi, sur son bouclier. Elle était assise sur son char posé sur des degrés de marbre blanc, environné d'attributs et de trophées d'armes, avec deux figures, l'une appuyée sur un lion, symbolisant l'Espagne, l'autre assise sur un aigle, représentant l'Empire. Sur le dernier degré se trouvait un dragon à trois têtes qui paraissait expirer et marquait ainsi la désunion de la Triple-Alliance. Toutes ces sculptures étaient dues à Jean-Baptiste Tuby, Antoine Coysevox et Jacques Prou. En montant vers l'arc de triomphe qui donnait son nom au bosquet, l'on trouvait à droite la fontaine de la Victoire disposée entre deux piédestaux de marbre de Languedoc et de marbre noir, et eux scabellons de marbre blanc. La Victoire paraissait sur un globe orné de trois fleurs de lys, environnée des attributs des quatre parties du monde. Elle tenait d'une main une couronne de lauriers, et de l'autre une palme. Presque à ses pieds se trouvait une coquille, du milieu de laquelle s'élevait un jet d'eau, qui après être passé dans la couronne, et être retombé dans la coquille formait une nappe d'eau qui se répandait dans une cuve de marbre d'Egypte enrichie d'ornements de métail doré. Du milieu de cette cuve s'élevait un gros bouillon qui formait une seconde nappe se déversant dans le bassin. Cette fontaine avait été sculptée par Pierre Mazeline. En pendant, du côté gauche, la fontaine de la Gloire offrait un ordonnancement identique : Charles Le Brun en avait conçu les figures de métail doré. Antoine Coysevox les avait réalisées. On montait ensuite sur un petit glacis par deux ou trois marches de marbre, et l'on trouvait de chaque côté un banc de marbre blanc inscrit entre deux scabellons du même matériau soutenant des bassins. Auprès de ces bancs, il y avait deux goulettes, soit des petits canaux, qui étaient interrompues par des petites cascades. Au fond du bosquet apparaissait ensuite l'arc de triomphe à proprement parler. Il était de Languedoc. Chacune des trois faces de ces ornements donnait l'impression d'être en cristal de roche. L'on avait en effet pris soin de dissimuler à l'intérieur de la structure un tuyau qui déversait de l'eau sur des bandes de fer disposées à égale distance, créant ainsi des nappes et l'effet désiré. Entre les obélisques, un buffet d'eau à huit gradins paraissait de cristal garni de vermeil lorsque les eaux jouaient. L'arc de triomphe avait été construit à l'endroit le plus élevé. Il était composé de trois arcades de fer doré, au-dessus desquelles sept petits bassins s'agrémentaient d'autant de jets se déversant dans des coquilles échelonnées de chaque côté. Entre les arcades, trois autres fontaines animaient également l'espace de leurs jets. Les degrés de marbre qui portaient l'arc n'étaient pas non plus dépourvus de ces effets aquatiques. Architecte de coeur, Ferdinand Delamonce s'était appliqué à dessiner chacun des éléments de cet impressionnant décor (Collections / site web du château de Versailles) Au premier plan, deux dauphins de plomb crachent l'eau. Au fond, l'arc de triomphe, en ferronerie dorée, qu'encadrent les eaux jaillissantes. A droite et à gauche, des fontaines en forme d'obélisques ; des jets d'eau s'élevant au-dessus de vasques supportées par des piédestaux ornés des armes royales, entourent deux cascades en formes de buffets d'où s'écoule en nappes. Nombreux spectateurs. Xavier Salmon, Chefs-d'œuvre du cabinet d'Arts graphiques. Trésors cachés du château de Versailles, cat. exp. Rouen, Musée des Beaux-Arts, 9 mars - 15 mai 2001, Le Mans, Musée de Tessé, 22 juin - 2 septembre 2001, Somogy, Rouen, Le Mans, 2001, Rouen, n° 15, p. 38-39.

INDEX :
Collections : Paulme, Marius
Lieux : Versailles, château, parc, Versailles, château, Bosquet de l'arc de Triomphe
Techniques : encre (grise) - rehauts de lavis gris - plume - repassé au stylet

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 19, p. 166