Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 18/02/2022 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

LERAMBERT Henri


Ecole française

Saint Jérôme, docteur de l'Eglise latine, assis, en pénitence : composition inscrite dans un ovale

1604

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RFML.AG.2021.17.1, Recto

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
LERAMBERT Henri
D. Cordellier

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ZAMPIERI Domenico
note manuscrite ancienne
BARBIERE Domenico del
note manuscrite ancienne

TECHNIQUES :
Pierre noire et rehauts de gouache blanche, mise au carreau à la pierre noire, papier vergé beige, filigrané (Filigrane deux flèches ; Heawood, 51, papier repéré à Anvers en 1595). Petite déchirure consolidée dans l'angle supérieur gauche, feuille collée en plein. Annotation ancienne en bas à droite, à la plume et encre brune : Dominiquain. Collé en plein. Au verso du montage : Dominichino Rinucci + 1565 (annotation qui renvoie à Domenico del Barbiere, dit Dominique Florentin)
H. 00,336m ; L. 00,211m

HISTORIQUE :
Prélevé dans une série de dessins déjà démembrée au XVIIIe siècle (date à laquelle le marquis de Robien, à Rennes, possède déjà deux feuilles de l'ensemble), le dessin était autrefois dans une collection française comme l'atteste l'annotation ancienne : Dominiquain (forme française du surnom de Domenico Zampieri dit Il Domenichino) - Collectionneur non identifié, marque CN, en noir, au verso du papier de douublage (non répertoriée par F. Lugt) - Vente Lucerne, Galerie Fischer, 20 juin 1995, lot 42 ("Anonyme de l'Ecole Flamande du XVIIe siècle) - Vente Berlin, Galerie Bassenge, vendredi 11 juin 2021, 11h00, « Dessins du 15ème au 19ème siècle », lot 6563, « Bolognesisch, 17. Jh. Der hl. Markus mit dem Löwen». Achat à cette vente publique. Commission des acquisitions du 07 juin 2021.
Dernière provenance : Bassenge, Galerie
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 2021


COMMENTAIRE :
Comme l'a indiqué Dominique Cordellier dans la proposition d'acquisition soumise à la commission du Louvre de juin 2021, ce dessin n'est ni du peintre bolonais Domenichino (comme le voulait une annotation ancienne), ni d'un artiste bolonais du XVIIe siècle (comme l'indique le catalogue de vente Bassange citée dans l'historique), ni même d'un artiste flamand du XVIIe siècle (comme le voulait le catalogue de la Galerie Fischer en 1995), mais d'un peintre français connu comme auteur de grands décors et comme auteur de petits patrons de tapisseries, Henri Lerambert. Il appartient en effet à une série des Evangélistes et des Pères de l'église latine (Augustin, Grégoire, Ambroise et Jérôme) qui a été partiellement reconstituée récemment, à partir de feuilles conservées au Musée des Beaux-Arts de Rennes et au Kupferstichkabinett de Dresde où ces dernières étaient mal identifiées (cf. D. Cordellier, « La Seconde école de Fontainebleau. Défense d'un terme », dans Colette Nativel (dir.), Henri IV, Art et pouvoir, actes du colloque de 2010, Rennes, Presses universitaires François-Rabelais, 2016, p. 305-324). Les deux dessins conservés au musée des Beaux-Arts de Rennes sont annotés du nom de Lerambert (Inv. 794.1.2606, Un père de l'Église, annoté rambert f. et Inv. 794.1.2607, Saint Marc, annoté : Lerambert). Les quatre dessins du Kupferstichkabinett de Dresde, exactement du même type, étaient égarés sous le nom d'Alessandro Turchi avant d'être identifiés (Inv. C 340-343 ; Italie, XVIe-XVIIe, 2e garniture, « Turchi »). On y reconnaît aisément saint Luc. Les autres saints, un pape et deux évêques sont plus difficile à identifier. Ces dessins ont été exécutés, comme le précise une inscription autographe sur l'Evangile tenu par Saint Luc dans l'un des dessins de Dresde, « le XXV novembre 1604 » alors que Lerambert, alors sur la fin de sa carrière, habitait à Paris. Dans le dessin de Saint Jérôme, Henri Lerambert adhère pleinement au style de la seconde école de Fontainebleau dont il est avant Dubreuil, Bunel et Fréminet, puis à leurs côtés, un des principaux acteurs. Comme Dubreuil et Fréminet, et non sans nostalgie pour l'art de Michel-Ange, il donne au personnage sacré l'attitude d'une figura serpentina semblant poser au sol sur un point d'appui extrêmement ténu (un simple orteil) et il tire par ailleurs parti de la nudité pénitentielle du saint, pour faire valoir la force expressive d'une anatomie héroïsée, le buste paraissant offrir une variation sur une antique célèbre, le Torse du Belvédère. Dominique Cordellier, "Acquisitions/Arts graphiques. Lerambert : Paris, 1604", dans 'Grande Galerie, Le Journal du Louvre', automne 2021, n°56, p. 24-25 (repr.)

INDEX :
Lieux : Rennes, Musée des Beaux-Arts, oeuvre en rapport, Dresde, Kupferstichkabinett, oeuvre en rapport
Personnes : Jérôme, saint - Michel-Ange, Michelangelo Buonarroti dit+
Sujets : Torse du Belvédère