Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 30/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

ANONYME FRANCAIS XVIIIè s


Ecole française

Portrait de l'archiduchesse Marie-Christine de Suède
Marie-Christine, archiduchesse d'Autriche (1742-1798)

1767

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 34901, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30931

LOCALISATION :
Sully II
Epi 14

ATTRIBUTION ACTUELLE :
ANONYME FRANCAIS XVIIIè s

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
DUCREUX Joseph
Xavier Salmon, 2018

TECHNIQUES :
Pastel sur parchemin tendu sur châssis. Annoté à la plume et encre brune au verso du cadre : Portrait de l'archiduchesse Marie Christine, 1767. Morceau de papier rectangulaire collé sur le pastel en haut à gauche avec numéro à la plume et encre brune sur papier crème : 12995 / D.
H. 00,630m ; L. 00,520m


COMMENTAIRE :
Une annotation au verso suggère l'identification à l'archiduchesse Marie-Christine. Or la comparaison avec le portrait de Marie-Christine de Lorraine (1742-1798), qui deviendra en 1766 duchesse de Saxe-Teschen (Musée de Versailles M.V. 5408) est assez favorable à cette identification. Si l'on en croit la date indiquée, ce portrait la représenterait à l'âge de 25 ans, l'année qui suivait son mariage avec Albert-Jacques-François-Xavier de Saxe-Teschen qui fit construire le château de Laeken. (Monnier, 1972) Ce pastel est en relation avec trois autres portraits INV.34899 et INV.35804. Si, grâce aux annotations, Geneviève Monnier avait correctement identifié en 1972 chacun des trois personnages, elle n'était cependant parvenue à identifier ni l'auteur des pastels, ni l'historique des portraits. Très usées et en grande partie décolorées en raison de manipulations maladroites et d'une trop longue exposition à la lumière, les trois œuvres sont de la même main et doivent être associées à quatre autres pastels également demeurés dans les collections nationales, mais aujourd'hui conservés au château de Versailles après y avoir été déposés par le musée du Louvre avant 1855. Tous représentent les enfants de Marie-Thérèse d'Autriche, frères et sœurs de l'archiduchesse Marie-Antoinette. Au Louvre, on reconnaît ainsi Marie-Anne (1738-1789), l'aînée des quatorze enfants de l'impératrice, abbesse du couvent des Demoiselles nobles de Prague (cat. 54), Marie-Christine (1742-1798), mariée en 1766 à Albert de Saxe (cat. 55), et l'empereur Joseph II (1741-1790), fils aîné de Marie-Thérèse (cat. 56). À Versailles, on identifie aisément Marie-Élisabeth (1743-1808), vêtue de bleu (fig. 18.Inv. Louvre 19179. Inv. Versailles MV 4575), Marie-Amélie (1746-1802), qui épousa en 1769 l'infant d'Espagne Ferdinand II, duc de Parme (fig. 19. Inv. Louvre 19178. Inv. Versailles MV 4576), et les deux petits archiducs, Ferdinand (1754-1806), avant-dernier fils du couple impérial, marié à la princesse Marie-Béatrice d'Espagne (fig. 20. Inv. Louvre 19177. Inv. Versailles MV 4578), et Maximilien (1756-1802), le plus jeune des frères de Marie-Antoinette (fig. 21. Inv. Louvre 19176. Inv. Versailles MV4579). À ces sept pastels peints sur parchemin fut ajouté en 1998 un huitième décrivant Marie-Antoinette, acquis pour le château de Versailles (fig. 22.Inv. Versailles MV 8973). Privilégiant les visages et accordant moins d'importance aux bustes et aux habits, les huit portraits ont tous été exécutés par Joseph Ducreux en 1769 dans des circonstances que nous avons déjà relatées, en particulier en 1997 lors de la parution du catalogue raisonné des pastels conservés au château de Versailles (p. 57-65, nos 9 à 12) et dans un essai rédigé en 2006 pour le catalogue de l'exposition « Marie-Antoinette, femme réelle, femme mythique » organisée à la bibliothèque municipale de Versailles(p. 38-51). L'alliance entre la couronne de France et la maison d'Autriche avait été scellée par le mariage du Dauphin, futur Louis XVI, avec l'archiduchesse Marie-Antoinette, la plus jeune des filles de Marie-Thérèse. Comme à l'accoutumée, ce projet matrimonial avait nécessité l'envoi de portraits, en particulier de la future épouse. La miniature commandée par Vienne au début de l'année 1769 pour être montrée à Versailles n'ayant pas été jugée suffisante pour témoigner du physique agréable de la petite princesse autrichienne, décision avait été rapidement prise de dépêcher un portraitiste français de talent à la cour impériale. À François-Hubert Drouais, en premier lieu approché mais aux prétentions financières exorbitantes, l'administration française avait finalement préféré un plus jeune portraitiste formé par Maurice Quentin de La Tour. Le 14 février 1769, Joseph Ducreux arrivait à Vienne avec le friseur Larseneur. Ce dernier avait reçu pour mission de coiffer l'archiduchesse Marie-Antoinette à la mode de Paris afin de dissimuler en partie son front, considéré comme un peu trop haut. Marie-Thérèse avait alors saisi cette occasion pour faire portraiturer ses autres enfants avant de poser à son tour. La correspondance du marquis de Durfort, ambassadeur de France à Vienne, avec le ministre Choiseul, et celle du comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur de Marie-Thérèse à Paris, avec le prince Kaunitz révèlent que l'artiste avait peint entre février et novembre onze portraits destinés à la cour de Versailles : ceux des archiduchesses Marie-Thérèse et Marie-Antoinette, partis de Vienne le 2 mai, ceux des archiduchesses Marie-Christine et Marie Élisabeth, partis le 20 mai, ceux des archiduchesses Marie-Anne et Marie-Amélie, partis vers le 26 juillet, et enfin ceux de l'impératrice Marie-Thérèse, de l'empereur Joseph II, des deux archiducs Ferdinand et Maximilien, et un second portrait de Marie-Antoinette, partis de Vienne le 16 novembre. Pour Marie-Thérèse, Ducreux avait été également invité à livrer des effigies de Marie-Christine, du prince Albert de Saxe, et de l'électeur de Trèves Clément Wenceslas de Saxe, toutes trois probablement exécutées lors d'un déplacement à Presbourg, ainsi que des répliques de certains des portraits peints pour la cour de Versailles (en particulier celui de l'impératrice appartenant à l'Académie des beaux-arts de Vienne, inv. 207, et ceux de Marie-Amélie et Marie-Élisabeth conservés au Kunsthistorisches Museum à Vienne, inv. 2123 et 8732. À propos de ces deux derniers portraits, nous avions par erreur reconnu en 2006 sur le second le visage de Marie-Christine, ce qui était impossible, la princesse ayant les yeux marron et non pas bleus. Une copie à l'huile conservée au couvent des Elisabethinen à Klagenfurt, inv. no 64, porte une inscription confirmant cette identité). Bien qu'exécutés avec rapidité, les portraits avaient donné toute satisfaction à Louis XV, le souverain ayant ainsi pu juger de la beauté de la future dauphine et découvert les traits de ses frères et sœurs. Certains des pastels furent même disposés dans ses appartements à Versailles, dans le cabinet intérieur ou cabinet d'angle ou dans la salle à manger intérieure ou salle à manger aux salles neuves. S'il est aujourd'hui bien difficile de juger de leur qualité en raison de leur mauvais état de conservation, ils aidèrent pourtant à lancer le jeune Ducreux. (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 55, p. 118-122).

INDEX :
Lieux : Versailles, Musée national du château, oeuvre en rapport, Laeken, château de
Personnes : Marie-Christine de Suède - Marie-Christine, archiduchesse d'Autriche (1742-1798)
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 14, p. 278