Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 13/10/2015 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

LIOTARD Jean Etienne


Ecole suisse

Jeune brodeuse de Constantinople

1738

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 1373, Recto

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
LIOTARD Jean Etienne

TECHNIQUES :
Pierre noire et sanguine. Annotation autographe à la sanguine : 'abelgrade brodeuse / a Constantinople/ 1738'.
H. 00,144m ; L. 00,211m

HISTORIQUE :
Vendu par l'artiste en 1778 au comte de Montigny, trésorier général des Etats de Bourgogne ; collection Etienne Anisson-Duperron, vente Paris 1795 ; collection Chevallier en 1850, legs au chanoine Auguste Gallet, acquis par le Louvre en 1882.
Dernière provenance : Gallet, Auguste Frédéric
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1882


COMMENTAIRE :
'Même si sa technique de dessinateur était parfaitement maîtrisée avant son séjour à Constantinople on peut affirmer que cette expérience a été essentielle pour lui. D'une part, il y apprécia le cosmopolitisme, la tolérance à d'autres modes de vie et de pensée, qui ont conforté sa personnalité et il se plut à adopter l'habit turc et la barbe, façonnant ainsi son image publique pour le restant de sa carrière. Mais également il multiplia les portraits lors des escales et sur place, se constituant une réserve de modèles exotiques et pittoresques. On le voit, utilisant de manière virtuose les accents de la pierre noire et de la sanguine finement aiguisée, créant la luminosité à partir du papier blanc en réserve, pour décrire minutieusement les usages vestimentaires des femmes des îles grecques et de la colonie franque et grecque de Constantinople. Certains de ses modèles sont représentés au travail : les membres de la famille Abelgrade, des brodeuses chrétiennes, ou les musiciens turcs (Louvre, inv. RF 1372), mais la plupart du temps il s'agit de portraits de femmes ou d'Occidentaux tel celui de l'ambassadeur Everard Fawkener (Anne de Herdt, 'Dessins de Liotard', Genève-Paris, 1992, n° 27) ou de l'archéologue Richard Pococke (Louvre, inv. RF 1379). Avec l'exception notable des portraits de dignitaires de la cour ottomane, tel le grand vizir.' (De Herdt, op. cit., n° 61) Catherine Loisel, dans cat. exp. Voyager et dessiner : Dessins du Musée du Louvre et du musée d'Orsay, 1580-1900, par C. Loisel, L. Angelucci, F. Joulie, I. Julia, N. Lemoine-Bouchard, Ch. Leribault, Moscou, Galerie Tretiakov, 21 septembre - 14 novembre 2010, n° 11 - catalogue publié en langue russe). Concernant l'inscription, M. Pinault en a proposé une nouvelle lecture. A la suite de Dayot, elle a suggéré que que la jeune femme du dessin pourrait ne pas être une demoiselle Abelgrade, mais plutôt une brodeuse du village de Belgrade (A. De Herdt, in cat. exp. 'Dessins de Liotard', Genève, Musée d'Art et d'Histoire, 1992 ; Paris, musée du Louvre, 1992, n° 25). W. Hauptman retient cette hypothèse et précise que Sir Everard Fawkener possédait une résidence d'été dans le village de Belgrade, au nord de Constantinople, et que Liotard y avait exécuté ce dessin lors d'un séjour en 1738. (W. Hauptman in cat. exp. 'Jean-Etienne Liotard 1702-1789', Edimbourg, Londres, Royal Academy of Arts, 2015-2016, n° 26) Voir aussi M. Pinault, 'Présentation du portrait de Madame Tronchin par Liotard', Paris, musée du Louvre, 1983, n° XVII, XVIII ; A. Dayot, 'Liotard' in "L'Art et les artistes", t. IX, avril-septembre 1909, p. 254.

INDEX :
Collections : Gallet, Auguste Frédéric, chanoine - Chartraire, comte de Montigny, Antoine - Anisson-Duperron, Etienne-Alexandre-Jacques - Chevallier, doyen
Lieux : Constantinople+, Paris, Musée du Louvre, oeuvre en rapport, Belgrade+
Personnes : Habsbourg, les+ - Massé, Jean-Baptiste+ - Sandwich, Lord+ - Mavrocordato, Constantin+ - Abelgrade, famille+ - Fawkener, Everard+ - Pococke, Richard+
Sujets : Femme assise
Techniques : pierre noire - sanguine

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 19, p. 109