Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 06/09/2021 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

LOCATELLI Andrea


Ecole romaine et ombrienne

Scène de sorcellerie et de magie noire

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 55354, Recto

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
LOCATELLI Andrea
Catherine Loisel

TECHNIQUES :
Plume et encre brune, rehauts de lavis gris. Traits d'encadrement à l'encre métalogallique. Signature effacée en bas à droite : Josef L... i / fec. Au dos des feuilles de papier, annotations au crayon : DS.A / XVII : Sicileitalien / artiste né vers 1630 / Alessandro / Magnasco ? / ... 1681. Le dessin a été exécuté sur deux feuilles assemblés à joint vif dans le sens horizontal. Il est renforcé au verso sur le joint par une bande de papier et trois pièces de papier. Il a été anciennement collé en plein sur un carton. A l'occasion du décollage de ce support dont des traces sont encore visibles au verso du papier, des déchirures ont été faites sur le pourtour et l'angle supérieur gauche a été perdu.
H. 00,625m ; L. 00,385m

HISTORIQUE :
Paris, Hôtel Drouot, vente du 16 décembre 2015, Me Delvaux, lot 96, comme école autrichienne du XVIIIe siècle ; adjugé 11 000 euros sans les frais, soit 13 750 euros frais compris - Mme Kathleen Onorato. Décision du président-directeur du musée du Louvre du 13 septembre 2017.
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 2017


COMMENTAIRE :
Le dessin constitue un 'unicum' dans le corpus d'Andrea Locatelli qui fut essentiellement un paysagiste renommé et apprécié des grandes familles romaines comme les Colonna et les Borghèse. Il est préparatoire et presque de même dimensions qu'un tableau sur bois de la Staatsgalerie de Stuttgart (54 ; 30) situé à la fin de la carrière de l'artiste en 1740-1741. En raison de son caractère exceptionnel et de son cadre en bois doré illusionniste, le tableau doit certainement avoir été exécuté sur commande. Dans une ruine antique, plus bucolique dans le dessin que dans le tableau, un sorcier ou mage trace un pentagramme dans un cercle sur le sol à l'intention d'un homme enveloppé dans un manteau à l'antique. Tous les motifs liés à la représentation de la sorcellerie entourent les figures : squelettes, sorcière nue et échevelée chevauchant un bouc, pendu, monstres sortant d'une caverne, chouette. L'artiste semble s'être inspiré des scènes de sorcellerie de Salvatore Rosa, notamment du tableau de la National Gallery de Londres peint pour un amateur romain qui le tenait caché derrière un rideau, mais aussi des gravures allemandes comme l'Apocalypse de Dürer ou Le Sabbat des sorcières de Baldung Grien. Cet appel à des sources anciennes correspond à un aspect historiciste de la culture dans le milieu des amateurs romains du XVIIIe siècle. On connait la physionomie de Locatelli grâce à un portrait charge exécuté en 1728 par Pier Leone Ghezzi, un artiste lui-même lié au baron von Stosch, célèbre franc-maçon et 'antiquaire'. La première Loge romaine a été fondée en 1735, soit peu après celle de Florence, et la Franc-maçonnerie interdite par l'Encyclique 'In Eminenti' en 1738. Le tableau de Locatelli pourrait avoir été commandé dans ce contexte (Catherine Legrand, dossier documentaire, septembre 2017, article à paraître). Revue des Musées de France, Revue du Musée du Louvre, 2019, n° 2, Acquisitions 2016-2018, n° 117, p. 90, notice Juliette Trey.