Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
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Copie d'après

BELLA Stefano della


Ecole florentine

Trois costumes de ballet, dont un de dieu marin
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV

Après 1650

Dessin

TECHNIQUES :
encre noire - lavis gris - plume - traces de pierre noire

INVENTAIRES :
Collection Edmond de Rothschild
3112 DR/ Recto

LOCALISATION :
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome XIV - 2991 DR à 3185 DR bis

ATTRIBUTION ACTUELLE :
Copie d'après BELLA Stefano della

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME FRANCAIS
Inventaire Edmond de Rothschild, 1935

TECHNIQUES ET DIMENSIONS :
Plume et encre noire, lavis gris avec des traces de pierre noire. Filigrane (B-coeur-C). Verso : Queue d'un paraphe en haut au milieu.
Dimensions à la feuille : H. 00,352m ; L. 00,265m

HISTORIQUE :
Claude Pioche sieur du Rondray, 1733; Gilbert Paignon-Dijonval, 1810; Charles-Gilbert, Vicomte de Morel-Vindé, sa vente, 1819; Samuel Woodburn, Londres ; Colnaghi ; acquis par Danlos pour Edmond de Rothschild en 1889 ; don au musée du Louvre en 1935.
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1935

COMMENTAIRE :
Ce dessin dont invention revient à Stefano della Bella appartient à une série de quatorze feuilles du même papier d'Auvergne (2199 DR, 2223 DR, 2950 DR, 2992 DR, 2993 DR, 3013 DR, 3014 DR, 3052 DR, 3151 DR, 3152 DR, 3111 DR, 3112 DR). Les filigranes de cette série sont la marque et la contremarque du papetier Benoît Colombier, actif seulement à partir de 1650, soit au moment où prend fin le séjour de Della Bella en France (1639-1650). Ces dessins seraient des copies d'un volume que Félibien situe dans le Cabinet du roi à Versailles (1688). Il s'agit d'« un livre entier de Ballets et de Mascarades » que le sieur Hesselin aurait fait dessiner par Stefano della Bella. Portant la charge officielle de maître de la Chambre aux Deniers, et celle plus officieuse d'intendant des Plaisirs du roi, Louis Hesselin (1602-1662) ordonna et dansa plusieurs ballets présentés à la Cour ou dans ses résidences privées au cours des années 1640 et 1650. De plus, une esquisse préparatoire de l'artiste, apparue sur le marché de l'art en 2002, correspond au frontispice de la série (voir 2016 DR), où deux danseurs sont « ajustés » par des garçons tailleurs (Christie's, New York, 23 janvier 2002, lot 24). Le frontispice, à défaut de porter un titre, exhibe les armes de Hesselin au bout de tables garnies de couvre-chefs empanachés et de masques, du genre de ceux que l'on a retrouvés après sa mort dans des « mannes » au grenier. On ne sait pas ce qu'il advint de ce volume, mais peut-être s'agit-il de cet « in-folio moyen, contenant deux cent soixante-quinze figures colorées, dessinées à la main par Étienne la Belle, représentant toutes sortes de figures pour les opéras et les ballets, venant de la succession de Mr. Heinselin [sic] » dont André-Charles Boulle déplore la perte dans l'inventaire sommaire de son atelier, dressé à la suite de l'incendie du 30 août 1720. Si tel est le cas, cette copie et d'autres conservées à la collection Edmond de Rothschild en seraient le précieux témoignage. Outre les « costumes à trucages », comme un centaure violoniste ou un masque affreux chevauchant un hibou, on trouve des rôles allégoriques portant les attributs des Éléments, des Saisons, ou des Mois, tels qu'en décrit l'abbé de Marolles : un triton habillé de coraux, d'algues, d'écailles, de coquillages et d'un corselet en forme de gueule de poisson, un personnage vêtu de plumes, un autre de pampres de vigne, un homme masqué d'un loup (symbolisant généralement Février), des chasseurs équipés de dards et de huchets, des bergers avec houlettes et escarcelles, ou encore le Printemps « couronné de fleurs, représenté comme un Zéphire [...] ayant des ailes dans le dos et portant un cosin de fleurs en son bras" (Marolles, 1656, p. 70 et Marolles, 1657, p. 169-172, 178-183). Ces modèles étaient certainement connus des successeurs de Della Bella, notamment par l'auteur d'un volume relié aux armes de Hesselin pour le Ballet des fêtes de Bacchus (1651), où l'on voit des idées très proches pour le Temps, pour l'Automne ou les inventeurs de pressoirs et surtout pour les bergers. (M. Bouffard dans « En scène! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild », cat. exp. Paris, musée du Louvre, du 27 octobre 2021 au 31 janvier 2022, sous la direction de Mickaël Bouffard, Victoria Fernández Masaguer et Jérôme de La Gorce, éditions Liénart et musée du Louvre, 2021, p. 35, 46-49 cat. 3d, p. 56; J de La Gorce p. 23).

INDEX :
Personnes : Félibien, André+ - Hesselin, Louis+ - Marolles, Michel de+ - Boulle, André Charles+
Sujets : costume de ballet

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 14