Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 05/05/2023 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

BERAIN Jean I


Ecole française

Costume pour un « diable »

Dernier tiers du XVIIe siècle

Dessin

TECHNIQUES :
encre (brune) - lavis brun - lavis gris - pierre noire - aquarelle - plume

INVENTAIRES :
Collection Edmond de Rothschild
1721 DR/ Recto

LOCALISATION :
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome III - 1696 DR à 1761 DR

ATTRIBUTION ACTUELLE :
BERAIN Jean I
La Gorce, Jérôme de

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME FRANCAIS XVIIè s
(Inventaire Edmond de Rothschild), 1935

TECHNIQUES ET DIMENSIONS :
Plume et encre brune, lavis gris et brun, aquarelle. Annotation à l'encre brune en haut à droite : "diable" ; et à la pierre noire : "B" ou "f" (abréviation pour bon ou pour fait?) Filigrane aux armes de Pomponne (Proche de Gaudriault, 1995, no 182. Marque d'hommage en l'honneur de Simon Arnault, marquis de Pomponne (1618-1699), relevée dès 1667)
Dimensions à la feuille : H. 00,209m ; L. 00,154m

HISTORIQUE :
Claude Pioche sieur du Rondray (1660/1665 -1733) (?), Paris, mars 1733 ; Gilbert Paignon-Dijonval (?) (1708-1792), 1810 ; Charles-Gilbert, vicomte de Morel-Vindé (?), sa vente, Londres, 1819 ; Samuel Woodburn (?), Londres ; Paul et Dominic Colnaghi (?), Londres ; acquis par Auguste Danlos pour Edmond de Rothschild en août 1889, 6900 francs ; don au musée du Louvre en 1935.
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1935

COMMENTAIRE :
Le costume de « diable » est un des dessins les plus fascinants de Berain, tant par la spontanéité de la plume que par la vivacité des couleurs, qui tirent un parti admirable des effets de l'aquarelle. Malheureusement, rien n'a encore permis d'identifier cette étude ni de la dater avec précision. L'annotation « diable » inscrite par l'artiste ne fournit aucune piste sérieuse, les scènes infernales étant beaucoup trop répandues dans le répertoire lyrique, qui, à cette époque, est friand de merveilleux. Berain choisit la posture la plus adaptée au caractère de son personnage, ici un geste de terreur qu'il confie aussi à d'autres démons (1726 DR, 1741 DR et 1758 DR). « Porter les mains plus haut que la tête [...], écarter [les doigts], étendre les bras en croix » font partie des gestes « vicieux » qui n'étaient « pas supportables sur la Scène tragique », sauf « dans des fureurs & d'autres passions véhémentes ». En s'écartant des règles scéniques du decorum corporis qu'il maîtrisait parfaitement, Berain montre qu'il connaît les exceptions applicables aux furies, diables ou autres personnages furieux, dont leur costume ne devait pas entraver les mouvements. IL faut comparer ce déguisement au numéro d'inventaire 1708 DR (M. Bouffard et J. de La Gorce dans « En scène! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild », cat. exp. Paris, musée du Louvre, du 27 octobre 2021 au 31 janvier 2022, sous la direction de Mickaël Bouffard, Victoria Fernández Masaguer et Jérôme de La Gorce, éditions Liénart et musée du Louvre, 2021, p. 36, 208-209, cat. 71a). Bibliographie : Jérôme de La Gorce, « Aux sources de l'opéra français », Connaissance des arts, no 389-390, juillet-août 1984, p. 28-29; Jérôme de La Gorce, "Berain, dessinateur du Roi-Soleil", Paris, Herscher, 1986, p. 67

INDEX :
Sujets : diable - costume d'opéra

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 14