Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 02/08/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

GANDOLFI Ubaldo


Ecole bolonaise

Portrait de jeune homme entouré d'une bordure ovale.
Jeune garçon.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 15023, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII34842

LOCALISATION :
Sully II
Epi 15

ATTRIBUTION ACTUELLE :
GANDOLFI Ubaldo
G. Monnier

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME ITALIEN début XVIè s

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
GANDOLFI Mauro
Pierre Rosenberg, 1977
Attribué à GANDOLFI Ubaldo
Xavier Salmon, 2018

TECHNIQUES :
Pierre noire et rehauts de pastel sur papier beige collé en plein sur carton.
H. 00,395m ; L. 00,285m

HISTORIQUE :
Collection de Pierre Marie Gaspard Grimod, comte d'Orsay (1748-1809). Sa marque en bas au milieu (Lugt 2239). Saisie révolutionnaire en 1793 comme bien d'émigré. L'oeuvre comptait très certainement parmi les « 70 portefeuilles, liasse et Rouleaux de desseins originaux des grands Maîtres et belle collection d'Estampes » inventoriés du 18 au 21 septembre 1793 par les membres de la commission des Arts du département de Seine-et-Oise au château d'Orsay. Transporté à Versailles puis au Louvre (inventaire Napoléon III no 34842).
Année d'acquisition : 1793


COMMENTAIRE :
Attribué à Ubaldo Gandolfi d'après Geneviève Monnier (Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 52.) Neil Jeffares donne ce portrait à Ubaldo Gandolfi, sujet, Jeune garçon (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 191). Ainsi que l'a souligné Jean-François Méjanès lors de l'exposition dédiée en 1983 aux dessins du comte d'Orsay, cette belle étude largement rehaussée de pastel compte au nombre des rares œuvres que le collectionneur put directement acquérir auprès d'un artiste italien vivant. Longtemps classée parmi les anonymes italiens du XVIIe siècle, la feuille fut attribuée à Ubaldo Gandolfi par Giorgio Neerman alors que Geneviève Monnier préparait le catalogue raisonné des pastels du Louvre publié en 1972. Avec son jeune frère Gaetano, Ubaldo fut formé à l'Accademia Clementina à Bologne par Felice Torelli, Ercole Graziani et Ercole Lelli. Tous deux marqués après une année d'étude à Venise par les modèles de Sebastiano Ricci, Giambattista Tiepolo et Giambattista Piazzetta, ils connurent un grand succès et travaillèrent sans relâche tant pour l'Église que pour une clientèle privée sensible à leur sens de la couleur et à leurs compositions virtuoses où la matière présente souvent un caractère très onctueux. Ubaldo a laissé en particulier un bel ensemble de dessins et de tableaux figurant des têtes de caractère, études d'après nature ou caprices. Toujours traités avec cette attention à la réalité si caractéristique de l'école bolonaise, ils offrent pour la plupart l'émotion d'un instant fugitif. Le pastel du Louvre s'inscrit dans une belle série de feuilles dédiées à l'enfance. À cette occasion, Ubaldo put choisir pour modèles Giovanni Battista et Franca, nés respectivement en 1762 et en 1765 de son union avec Rosa Spisani, la sœur de Giovanna, l'épouse de son frère Gaetano. Le même garçonnet apparaît ainsi dans trois attitudes différentes sur trois dessins, l'un rehaussé de pastel conservé à l'Albertina à Vienne où l'enfant laisse reposer sa jolie tête nattée sur sa main droite (fig. 28. Inv. 1871.B.333. Ancienne collection d'Albert de Saxe-Teschen), les deux autres passés en vente, le premier chez Sotheby's à Londres le 28 juin 1979 (lot 214, repr.), figurant à la pierre noire et à la sanguine le garçonnet presque de profil tourné vers la droite appuyant sa joue gauche sur sa main gauche, le second chez Sotheby's à Monaco le 8 décembre 1984 (fig. 29. Lot 66, repr.), où le jeune modèle est cette fois tourné vers la gauche et présente un délicat modelé obtenu grâce à l'estompe des trois crayons. Pleines de vie et de délicatesse, ces trois feuilles peuvent être utilement comparées au pastel du Louvre. Elles s'en distinguent cependant par leur aspect plus graphique, le trait de sanguine ou de pierre noire y apparaissant plus marqué, la transcription de la lumière plus accentuée. D'une harmonie plus subtile que facilite l'emploi du pastel, l'œuvre du Louvre semble en comparaison plus sage et d'un modelé plus doux. Cela a peut-être conduit Donatella Biagi Maino, spécialiste de l'artiste, à ne pas faire mention de l'œuvre dans la monographie qu'elle lui a consacrée en 1990. Dès 1977, Pierre Rosenberg avait émis l'hypothèse que le pastel pouvait être une œuvre de Mauro Gandolfi, exécutée en France. Après avoir été formé à Bologne dans l'atelier de son père Gaetano Gandolfi (1734-1802), Mauro avait franchi les Alpes pour entrer dans le régiment royal de Corse puis revenir à la peinture en travaillant à Gênes, à Marseille, en Alsace et à Arras, où, ainsi qu'il le précise dans son autobiographie publiée en 1925 (« Brevi Cenni della vita di Mauro Gandolfi bolognese, pittore, disegnatore ed incisore a taglio reale »,Comune di Bologna, février-mars-avril 1925), il se dédia à l'art du portrait. Généralement situé entre 1780 et 1785, ce premier séjour français put être un peu plus tardif car de peu antérieur aux premières années révolutionnaires. Permit-il à l'artiste de rencontrer à Paris le comte d'Orsay ? La question reste entière. Tout comme son père Gaetano et son oncle Ubaldo, dont les oeuvres l'influencèrent fortement,Mauro Gandolfi multiplia les études de têtes tant peintes que dessinées. Si aucune des œuvres graphiques assurées ne présente un emploi du pastel similaire à celui du portrait du Louvre, elles sont en revanche très souvent marquées par un modelé tout en estompe et en douce transition qui tranche avec celui caractérisant le plus souvent les créations d'Ubaldo. Les deux études de têtes féminines à la pierre noire et sanguine vendues sous le nom de l'artiste par Sotheby's à New York le 8 janvier 1991 (lot 80, repr.) et par Phillips à Londres le 8 juillet 1998 (lot 109, repr.) sont en cela exemplaires. Cela suffit-il à rendre à Mauro Gandolfi le pastel du Louvre ? En 1993, à l'occasion de l'exposition « Bella Pittura, l'art des Gandolfi » organisée à la Galerie nationale du Canada à Ottawa, Mimi Cazort soulignait combien il était encore nécessaire de distinguer la main de chacun des artistes, les dessins des premières années d'Ubaldo et de Gateano se ressemblant au point de se confondre et Mauro ayant copié les feuilles de son père et de son oncle (p. 20). Le travail de comparaison stylistique doit donc se poursuivre pour enfin lever la confusion. (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 63, p. 132-133). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 63.

INDEX :
Collections : Orsay, Pierre Marie Gaspard Grimod, comte d'
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 6, p. 536