Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 22/11/2016 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

BERTANI Giovanni Battista di Egidio


Ecole lombarde

Danse de huit putti portant des demi-masques et armés de courtes épées

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 6046, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII3364
MA3189

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
BERTANI Giovanni Battista di Egidio
Renato Berzaghi

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
Attribué à ANDREASI Ippolito

TECHNIQUES :
Plume et encre brune, lavis gris-brun, traits de pierre noire, rehauts de blanc (partiellement noircis). Traces de mise au carreau à la pierre noire. Papier lavé beige. Annotation à la plume et à l'encre brune, en bas vers la droite : Andreasin Man. Collé en plein.
H. 00,138m ; L. 00,251m

HISTORIQUE :
Anonyme (L. 172) - Sir Peter Lely (L. 2092) - Ch.-P.-J.-B. de Bourgevin Vialart de Saint-Morys - Saisie des biens des Emigrés en 1793, remise au Museum en 1796-1797 ; marques du Louvre (L. 1886a et L. 1955).
Dernière provenance : Saint-Morys, Ch.-P.-J.-B. de Bourgevin Vialart de
Mode d'acquisition : Saisie des Emigrés
Année d'acquisition : 1793

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.3, p.416, chap. : Ecole vénitienne, carton 27 N°. (...) Num¿ro : 3189. Nom du ma¿tre : Andreani, Andrea. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 1er. D¿signation des sujets : Sur le même carton deux dessins : l'un à la plume et lavé, représente le christ mort, et sur les genoux de sa mère ; l'autre à la plume, lavé et rehaussé de blanc, une danse de génies armés d'épées courtes. Dimensions : H. 16,5 x L. 20,5 cm ; H. 14 x L. 25,5 cm. Origine : Idem [[ Collection ancienne /&.Prix de l'estimation de l'objet : 5francs. Emplacement actuel : Idem & Calcographie du Musée Napoléon ]]. Signe de recollement : [Vu] [[au crayon]]. Cote : 1DD35

COMMENTAIRE :
Les putti exécutent une moresque, danse qui était pratiquée lors de visites officielles, des fêtes de la cour ou pour saluer l'arrivée du printemps (Serra, 2014, n° 24). Les mauvais et sombres esprits de l'hiver pouvaient ainsi être éloignés grâce aux claquements résonnants des épées accompagnés du tintement des grelots portés parfois aux poignets, aux genoux ou encore aux chevilles (Ingrid Brainard, International Encyclopedia of Dance, New York, Oxford University Press, vol. IV, 1998, p. 460-463 ; José Sasportes, Storia della danza italiana : dalle origini ai giorni nostri, chap. « Il ballo : spettacolo di corte e spettacolo della corte », Turin, EDT, 2011, p. 11). Les danseurs pouvaient de plus être masqués car le passage entre le printemps et l'hiver correspondait à la période du carnaval. Les putti de ce dessin portent, eux, des demi-masques. La ville de Mantoue, où l'auteur du dessin fut actif, fut parmi les premières à favoriser la commedia dell'arte, dont les acteurs avaient l'habitude de porter des demi-masques et de s'exhiber en moresques (Claudia Burattelli, Spettacoli di Corte a Mantova tra Cinque e Seicento, chap. « I comici dell'arte al servizio del duca », Florence, Le Lettere, 1999, p. 181 qui cite un document daté de 1562 parlant d'une « giovane commediante [...], che fa bene in moresche... » ; sur toute les questions précédentes voir Serra, 2014, cit. infra, n° 24). L'ancienne attribution à Ippolito Andreasi avait amené Tellini Perina (1965, cit. infra , p. 371) a suggéré que le le dessin était sans doute une étude pour l'un des décors du château de Goito, aujourd'hui disparu. L'attribution à Bertani a été proposée par Renato Berzaghi (2002, op. cit. infra) à qui l'on doit une première reconstitution du corpus graphique de cet artiste (Berzaghi, 2011, op. cit. infra, p. 133-156.). Le traitement des anatomies, ainsi que certaines poses proches de putti apparaissant sur une gravure portant l'invenit de Bertani (Le Jugement de Pâris, Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, AA-4) parlent en faveur de l'attribution à cet artiste. Renato Berzaghi (2002, cit. infra, t. II, p. 551, 564 note 17) a en outre proposé de rattacher cette étude du décor de la Sala delle Maschere, dite aussi des Moresques, au Palazzo Ducale de Mantoue, dont il ne subsiste que quelques fragments présentant des putti dansant ou jouant. Cette pièce se trouvait dans la Rustica, appartement voulu par Guglielmo Gonzaga, duc de Mantoue (1550-1587) et qui avait une fonction de représentation, de logement privé (Jérémie Koering, 'Le Prince en représentation. Histoire des décors du palais ducal de Mantoue au XVIe siècle', Arles, Actes Sud, 2013, p. 32-33). La construction de cet appartement, commencée par Giulio Romano vers 1538, fut reprise par Bertani entre 1558 et 1561. La Sala delle Maschere correspondait à l'une des quatre pièces qui composent l'actuelle Sala delle quattro colonne. Les invités d'exception y étaient logés. Selon Raffaello Toscano (dans 'L'edificazione di Mantova e l'origine della famiglia Gonzaga con gli edifici, e cose memorabili che in quella città si veggono', in ottava rima, Padoue, 1586, p. 21-23), Bertani fut non seulement l'architecte mais aussi le responsable des décors de la Rustica (Dario A. Franchini et al., 'La Scienza a Corte. Collezionismo eclettico, natura e immagine a Mantova fra Rinascimento e Manierismo', Rome, Bulzoni, 1979, p. 202 note 120). BIBLIOGRAPHIE : Chiara Tellini Perina, 'L'ambiente pittorico tra il 1570 e il 1600', dans Ercolano Marani et Chiara Tellini Perina, 'Mantova, Le Arti, vol. III, dalla metà del secolo XVI ai nostri giorni', Mantoue, Istituto Carlo D'Arco per la storia di Mantova, 1965, p. 371, 391 note 67 ; Richard Harprath, 'Italienische Zeichnungen des 16. Jahrhunderts aus eigenem Besitz', Munich, Kastner & Callwey, 1977, p. 13, sous le n° 3 ; Giulio Bora, 'I disegni lombardi e genovesi del Cinquecento', (Il disegno italiano ; 2,2), Trevise, Canova, 1980, p. 67, sous le n° 89 ; Richard Harprath, « Ippolito Andreasi as a Draughtsman », Master Drawings, XXII, n° 1, printemps 1984, p. 23, no 104 ; Renato Berzaghi, « Decorazioni in Palazzo Ducale da Guglielmo a Vincenzo II », dans cat. exp. Gonzaga. La Celeste Galeria. Le raccolte, sous la dir. de Raffaella Morselli, Mantoue, Palazzo Te - Palazzo Ducale, 2 septembre 2002-12 janvier 2003, Milan, Skira, 2002, vol. II, p. 549-617, en particulier, p. 551, 564, note 17 ; Renato Berzaghi, « Le decorazioni dalla metà del Cinquecento alla caduta dei Gonzaga », dans Giuliana Algeri, 'Il Palazzo Ducale di Mantova', Mantoue, Sometti, 2003, p. 223-260, en particulier p. 227, 284 note 18; Renato Berzaghi, « Disegni di Giovan Battista Bertani quattro inediti e un primo catalogo », dans Daniela Ferrari et Sergio Marinelli, 'Scritti per Chiara Tellini Perina', Mantoue, Arcari, 2011, p. 133-156., en particulier p. 150, no 66 ; Roberta Serra in cat. d'exp. 'Masques, mascarades, mascarons', Paris, Musée du Louvre, 2014, n° 24 ;

INDEX :
Collections : Lely, Sir Peter - Anonyme (L. 172) - Saint-Morys, Charles-Paul-J.-B. de Bourgevin Vialart de
Lieux : Mantoue, Palazzo Ducale, Appartemento della Rustica, oeuvre en rapport, Mantoue, Palazzo Ducale, Sala delle Maschere, oeuvre en rapport
Personnes : Gonzaga, Guglielmo+
Sujets : putto portant un masque - danse - moresque
Techniques : encre brune - lavis brun - pierre noire - rehauts de blanc - mise au carreau - plume - papier lavé de beige

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 3, p. 237