Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

CARRIERA Rosalba Giovanna


Ecole vénitienne

Portrait de jeune fille

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 4797, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30632
MA12672

LOCALISATION :
Sully II
Epi 15

ATTRIBUTION ACTUELLE :
CARRIERA Rosalba Giovanna

TECHNIQUES :
Pastel sur papier bleuté tendu sur carton. Agrandi sur les côtés. 7.082 (?). Note manuscrite de Mariette au dos du cadre : 'Ce pastel de l'illustre Mlle Rosalba vient de / M. Crozat et m'a été donné après sa mort / par M. le marquis du Châtel. / Mariette'. En dessous, au milieu, à la plume et encre brune : 84. / La Nation. La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien de Joan et Mike Kahn en 2016.
H. 00,362m ; L. 00,302m

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.9, p.1703, chap. : Ecole italienne, Peintures et dessins encadrés, etc.. (...) Num¿ro : 12672. Nom du ma¿tre : Rosalba Carriera. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 35. D¿signation des sujets : Portrait d'une jeune fille, peint au pastel, attribué à Rosalba, encadré et sous glace. Il a été exposé en l'an cinq sous le n° 169. Dimensions : H. 34 x L. 28,5cm. Origine : Idem [[ Collection ancienne /&. Emplacement actuel : Idem & Calcographie du Musée Napoléon ]]. Observations : [Remis au Musée] [[à l'encre]]. Signe de recollement : [Vu] [[au crayon]] [[trait oblique / au crayon / sur le n° d'ordre]]. Cote : 1DD41

COMMENTAIRE :
Geneviève Monnier (Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 38.) Neil Jeffares confirme l'attribution à Rosalba Carriera et l'identification du modèle comme jeune fille en buste inconnue, (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 114). Mis en cause par Sensier en 1865, le caractère autographe du pastel ne saurait être discuté. Il a appartenu successivement à deux amateurs qui connurent l'artiste et cherchèrent à réunir plusieurs de ses œuvres. Le banquier Pierre Crozat avait rencontré la Rosalba pendant son séjour en Italie entre novembre 1714 et mars 1715 lorsqu'il était venu à Venise. Grand amateur des dessins rehaussés de pastel par Federico Barocci, il avait considéré la Vénitienne comme sa digne héritière et avait entretenu avec elle à partir de 1716 une correspondance qui témoigne encore du plaisir que lui procuraient ses œuvres et de son souhait d'en acquérir un bel ensemble pour sa collection (Sani, 1985, I, p. 23-26). C'est à son invitation que Rosalba Carriera était venue séjourner chez lui à Paris entre avril 1720 et mars 1721. Dès le 22 décembre 1716, soit plusieurs années avant que la pastelliste ne vienne en France, Crozat indiquait dans une lettre qu'il lui avait adressée combien il était heureux de son portrait et des « trois merveilleuses Testes en pastel » (dont un autoportrait) que lui avait envoyés l'artiste (ibid., I, p. 314-315, lettre 262). Le 24 décembre 1717, il lui écrivait : « Au reste je croirés manquer d'ingratitude si je ne vous fesois pas part de l'honneur infiny que me font vos ouvrages. Tous ceux qui les voyent dans mon cabinet en sont charmés, et vous mestent avec justice au mesme ranc des plus illustres anciens. M. Zanetti [Anton Maria] me fait le plaisir de m'escrire la manière obligeuse avec laquelle vous avez receu l'envie que j'aurois de posséder encore de vos ouvrages en pastel tels que vous les trouverez à propos, car franchement on ne sçauroit trop en avoir. J'espère aussy que vous voudrez bien y mestre un prix convenable non pas par raport au mérite, car vous me ruineriés, mais tel qu'il convient à un amateur et à un adorateur de si belles productions que les vostres » (ibid., I, p. 322, lettre 268). Le 14 juillet 1718, Crozat manifestait sa gratitude : « Je vous fais aussy mon remerciement des deux testes en pastel que vous m'avés fait la grâce de m'envoyer, qui sont très belles et d'une très grande beauté et très dignes de vous, que nous avons admirées avec les autres merveilleux ouvrage, que nous possédons de vous » (ibid., I, p. 335, lettre 280). Il en faisait à nouveau de même le 28 octobre suivant : « J'ay receu icy les 4 testes, en pastel, qui sont d'une beauté achevée et font l'admiration de tout ceux qui les voyent. Je vous en remercie de tout mon cœur. Il est domage que ces beaux ouvrages sont sujets à ce gatter, quoyque je vous diray qu'ils sont très bien conservé, ce qui m'a fait un très grand plaisir,mais je sens bien qu'il faut un très grand soin pour les conserver. Ne pourriez-vous point vous servir des pastels dont la couleur fût plus solide ? » (ibid., I, p. 339, lettre 285). Le 20 janvier 1720, huit nouvelles têtes en pastel lui étaient à nouveaux parvenues, avec une « cassette» que Zanetti lui avait adressée huit mois auparavant et dans laquelle il avait trouvé une demi-figure de femme dont la glace s'était brisée pendant le transport et avait abîmé l'œuvre (ibid., I, p. 363-364, lettre 306). Le 3 février, il mentionnait à la pastelliste lui avoir renvoyé l'œuvre afin qu'elle puisse « la racomoder » (ibid., I, p. 365,lettre 307). Le séjour parisien avait sans doute permis à la Vénitienne de peindre de nouvelles œuvres pour son hôte. L'absence de correspondance nous laisse sans élément. Après son retour à Venise, les échanges épistolaires avaient repris et l'admiration de Crozat demeurait inchangée. Le 19 décembre 1732, l'amateur s'en ouvrait une nouvelle fois : « M. de Voigny m'a remis le beau et aymable tableau, où j'ay trouvé une demi figure des plus parfaites que j'aye encore veu de votre façon [...]. Rien en vérité ne prouve mieux vos rares mérites et jusques au point de perfection où vous portés la peinture » (ibid.,II, p. 570, lettre 480). Emblématique de ces « têtes de fantaisie », petites demifigures enlevées comme s'il s'agissait d'études alors qu'elles étaient conçues par la pastelliste comme des œuvres en soi, le pastel du Louvre comptait certainement parmi les premiers envois faits à Crozat avant avril 1720 et n'avait pas été peint pendant le séjour parisien, comme on l'a très régulièrement écrit. Après en avoir reçu cadeau de l'un des neveux de Pierre Crozat, Pierre Jean Mariette, qui pouvait lui aussi s'enorgueillir d'être un ami de la Vénitienne, avait à son tour goûté le brio de son exécution. L'œuvre lui était sans doute d'autant plus précieuse qu'il ne possédait de la Rosalba que trois miniatures, un autoportrait, deux pastels, et trois études de tête dont celle qui lui avait été offerte par Crozat du Châtel (lots 2 à 7) de sa vente après décès fin 1775 - début 1776). Soit rien de comparable avec le remarquable ensemble que Pierre Crozat était parvenu à réunir (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 36, p. 90-91). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 36.

INDEX :
Collections : Crozat, Pierre - Châtel, marquis du - Mariette, Pierre-Jean
Personnes : Mariette, Pierre-Jean+ - Crozat, Pierre+ - Châtel, marquis du+
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 3, p. 26