Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 28/08/2014 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.
Entourage de

PRIMATICCIO Francesco


Ecole bolonaise

Personnage costumé en bosquet ou en forêt
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV

Dessin

TECHNIQUES :
encre brune - rehauts d'or - aquarelle - rehauts d'argent - lavis beige - plume

INVENTAIRES :
Collection Edmond de Rothschild
1633 DR/ Recto

LOCALISATION :
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome II - 1604 DR à 1695 DR

ATTRIBUTION ACTUELLE :
Entourage de PRIMATICCIO Francesco
D. Cordellier

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
GISSEY Henri
Marie-Françoise Christout
ANONYME FRANCAIS
Inventaire E. de Rothschild

TECHNIQUES ET DIMENSIONS :
Plume et encre brune, lavis beige, aquarelle. Découpé selon la silhouette de la figure, papier filigrané de fabrication champenoise (pot à une anse couronné et surmonté d'un fleuron à quatre pétales, dont l'usage a été repéré en 1542-1550 ; Briquet 12632). Dimensions maximales. Collé en plein. Ombres à la sanguine et au lavis brun sur la feuille de doublage. Dimensions du dessin H. 00,292 m ; L. 00,194 m
Dimensions à la feuille : H. 00,325m ; L. 00,221m

HISTORIQUE :
Acquis en 1889 par Danlos pour le baron Edmond de Rothschild ; don en 1935.
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d'acquisition : don
Année d'acquisition : 1935

COMMENTAIRE :
M.-F.Christout attribue ce dessin à Henry de Gissey et identifie ce costume comme celui de La Terre et l'Eau dans le Ballet de la nuit qui fut donné à Paris, dans la salle du Petit Bourbon, en 1653. En fait, comme l'atteste le filigrane de la feuille, le dessin a été réalisé sur un papier fabriqué en Champagne dont l'usage est attesté en 1542-1550 et qui a servi à d'autres projets de costumes exécutés au milieu du XVIe siècle soit dans une technique similaire (Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, collection E. de Rothschild, 1633 DR, 1635 DR, 1636 DR, 1637 DR (un pot à une anse couronné et surmonté d'un fleuron à quatre pétales ; Briquet 12632), soit, par une autre main, dans une technique plus simple de plume et d'encre brune (Florence, Biblioteca Nazionale Centrale, Ms. Palat. CB. 53/ II, c. 70 : Un grand prêtre (ou un souverain ?) avec une coiffure en obus, plume et encre brune, H. 34,1 cm ; L. 21,1 cm ; c. 72 : Une figure ailée, les bras écartés, marchant vers la droite, la tête de profil à gauche, tournée vers l'arrière, plume et encre brune, tracé préparatoire à la pierre noire, H. 34 cm ; L. 25 cm.). Selon D. Cordellier, toutes ces études se rattachent d'une manière ou d'une autre au développement des masques et costumes de bal à la cour de France dont Francesco Primaticcio a été le principal inventeur. En effet, comme cela a été relevé en 2004 (Cordellier, op. cit., 2004, p. 121), son style inventif et coloré l'apparente étroitement aux dessins de costume de bal attribués à Primatice depuis les études de Louis Dimier (« Nagra minnen av den gamla Fontainebleau-skolan », Ord och Bild, Stockholm, 1899, p. 594 et ss ; Le Primatice, peintre, sculpteur et architecte des rois de France. Essai sur la vie et les ouvrages de cet artiste, suivi d'un catalogue raisonné de ses dessins et de ses compositions gravées, Paris, E. Leroux, 1900 ; Louis Dimier, « Une Mascarade du Primatice », Le monde catholique illustré, 1902, p. 149-153) et de Bengt Dahlbåck, ('Survivance de la tradition médiévale dans les fêtes françaises de la Renaissance. A propos de quelques costumes dessinés par Francesco Primaticcio', Les fêtes de la Renaissance, I, Paris, éd. J. Jacquot, 1956, p. 397-404 ; « Une Mascarade du Primatice », Le monde catholique illustré, 1902, p. 149-153). Primatice a lui-même réalisé des dessins de costumes et de masques d'une conception proche de celle mise en œuvre ici : on lui doit en particulier le dessin d'un costume de Phœnix dans un arbre (Stockhom, Nationalmuseum, NM 871/1863 ; Cordellier, op. cit.,2004, p. 121) dont l'aspect devait être assez proche de celui d'un déguisement en arbre coiffé de lierre porté par François Ier et Jean de Guise à Fontainebleau lors du carnaval de 1541 (Melun, 6 février 1541, lettre de l'ambassadeur du duc de Ferrare, Carlo Sacrati, écrit à Ercole II d'Este, ASMo, Canc. Duc., Ambasciatori, Francia, 16 ; Carmelo Occhipinti, Carteggio d'arte degli ambassadori estensi in Francia (1536-1553), (Strumenti e testi, 8), Pisa, Scuola Nazionale Superiore, 2001, p. CXVII, 56-57 no LXXXIX ; Cordellier, op. cit ; infra, 2004, p. 121, avec bibliographie). De son côté, en février de la même année, Jean Mignon, peintre et graveur de l'entourage de Primatice, s'engageait à faire pour le comte Guy de Laval quatre arbres 'pour servir à mommerye' (Catherine Grodecki, Archives nationales. Documents du minutier central des notaires de Paris - Histoire de l'art au XVIe siècle (1540-1600) II. - Sculpture - Peinture - Broderie - Émail et Faïence - Orfèvrerie - Armures, Paris, Archives nationales 1986, p. 177, n° 773). Toutefois, dans le dessin catalogué ici, il ne s'agit toutefois pas d'un arbre, mais d'un tertre surmonté d'un bosquet où sont remisés un cerf, une biche et un oiseau. Les troncs les plus bas devaient servir de manches. Le masque humain enchâssé dans la roche et la végétation devaient peut-être être compris comme le visage d'une source (Pour une source figurée sous la forme d'un masque dans l'art de Fontainebleau vers 1542-1543, voir l'eau-forte d'Antonio Fantuzzi, Les Muses au pied du Parnasse (H. Zerner, L'École de Fontainebleau : Gravures¿ Paris, Arts et Métiers graphiques, 1969, A.F. 20).Comme on peut le déduire de la longueur de la jupe, qui s'arrête au-dessus de la cheville, et malgré le volume encombrant de sa partie supérieure, le costume était certainement conçu pour permettre d'effectuer des pas de danse. La collection Edmond de Rothschild conserve sept modèles de costume et qui présentent les mêmes caractéristiques de facture et de style que celui montré ici (1615 DR, 1630 DR, 1631 DR, 1633 DR, 1635 DR, 1636 DR, 1637 DR, 1638 DR, 1639 DR); Dans l'ensemble des Recueils de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres provenant de Danlos, ils se distinguent par un caractère de la mise quelque peu étranger à la civilisation classique de l'Europe, par l'emploi de tissus rayés (légèrement rendus à l'aquarelle), par un chromatisme choisi - vert mousse, rouge orangé évoquant le corail, rose pale, mauve -, par une façon particulière de superposer et d'étager les pièces vestimentaires et de créer un crescendo de sophistications dans la forme depuis le bas jusqu'en haut de la figure

INDEX :
Lieux : Stockholm, Nationalmuseum, oeuvre en rapport, Florence, Biblioteca Nazionale, oeuvre en rapport
Sujets : costume de théâtre - Habillement

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 14