Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 07/07/2017 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

PRIMATICCIO Francesco


Ecole bolonaise

Saturne dévorant ses enfants

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 8514, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII4925
MA4613

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
PRIMATICCIO Francesco
E. Jabach

TECHNIQUES :
Sanguine, rehauts de blanc, traces de stylet, trou de pointe et traits de construction à la pierre noire et à la règle, papier lavé de beige. Collé en plein. Annotation (?) en bas à droite, grattée. Restauré en 2004
H. 00,177m ; L. 00,292m

HISTORIQUE :
E. Jabach ; Inventaire Jabach, Ecole de Florence, partie du n° 170 (Primatice) - Entré dans le Cabinet du Roi en 1671 ; paraphe de Jean-Charles Garnier d'Isle, contrôleur des Bâtiments du roi, apposé lors du récolement effectué en 1752 (L. 2961), autrefois monté avec le dessin inv. 8548 ; marques de la Commission du Museum (L. 1899) et du Conservatoire (L. 2207).
Dernière provenance : Jabach, Everhard
Mode d'acquisition : acquis pour le Cabinet du roi
Année d'acquisition : 1671

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.4, p.605, chap. : Ecole de Bologne, carton 42. (...) Num¿ro : 4613. Nom du ma¿tre : Idem [[ Primaticcio, Francesco /&. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 11. D¿signation des sujets : Sur le même carton deux dessins à la sanguine, rehaussés de blanc : le premier est la répétition du sujet précédent. Le second représente deux vieillards assis. Dimensions : H. 17,5 x L. 29 cm ; H. 17 x L. 26 cm. Origine : Collection ancienne.Prix de l'estimation de l'objet : 40francs. Emplacement actuel : Idem & Calcographie du Musée Napoléon ]]. Signe de recollement : [Vu] [[au crayon]]. Cote : 1DD36 Note relative ¿ la saisie informatique : Désignation des sujets : pour l'iconographie du premier dessin, voir la notice n° 4612..

COMMENTAIRE :
Dessin préparatoire à une peinture dont on connaît la contre-épreuve d'une copie par Van Thulden (Bruxelles, Bibliothèque Royale, Inv. S. V. 76 823), déjà rapproché par Morel d'Arleux (Inv. ms) des compositions de la voûte de la Galerie d'Ulysse, au château de Fontainebleau. B. W. Meijer ('I grandi disegni italiani del Teylers Museum .', Milan, s.d. [1984] sous n° 28), a proposé d'y reconnaître une étude pour le 6ème compartiment, tandis que S. Béguin ('Le XVIe siècle français', Paris 1976, p. 89-90 fig. 15), qui a reconnu dans l'INV 8563 du Louvre son pendant, a suggéré un rapprochement avec les sujets secondaires de la voûte de la 15ème travée de la galerie. En revanche, K. Wilson-Chevalier ('La postérité de l'École de Fontainebleau ...', Nouvelles de l'Estampe, mars-avril 1982, n° 62, p. 12-13) a observé que l'enfant le plus à droite avait été gravé par Ferdinand avec l'un des putti du 'Parnasse' sur la 8ème travée ; R. Bacou (in cat. exp. L'Ecole de Fontainebleau, Paris, Grand Palais, 1972, n° 182) a supposé qu'il s'agissait d'un projet non retenu ou d'une composition qui n'avait pas été décrite. L'artiste a répété plusieurs fois la position et le raccourci de Saturne: cf. INV 8510 et le 'Neptune' du compartiment central de la XIe travée (repr. in 'La Galerie d'Ulysse à Fontainebleau', Paris, 1985 p. 177 fig. 81). Cf. aussi INV 8678, copie d'après. Dans le catalogue de l'exposition Art royal. Meisterzeichnungen aus dem Louvre, Salzbourg, Autriche, Salzburg Museum - 9 juin 2017 - 3 septembre 2017, Dominique Cordellier a écrit la notice suivante : 'Francesco Primaticcio fut le principal artiste italien employé par les derniers rois Valois sur les chantiers des demeures royales entre 1532 et 1570. Il a donné ici un projet de composition représentant Cronos - un Titan identifié au Saturne des Romains qui domina le monde après Ouranos et avant Zeus - sous une forme qui témoigne de son assimilation à Chronos, le Vieillard Temps. La composition peinte que préparait cette étude n'est pas conservée mais elle a été copiée en dessin dès le XVIIe siècle et une contre-épreuve que l'on a tirée de cette copie est annotée a Fontanebelleau (Attribuée à Théodore Van Thulden (Bruxelles, Bibliothèque Royale, Inv. S. V. 76 823). Voir aussi une gravure de Ferdinand reproduisant en sens inverse l'enfant le plus à droite dans le dessin en le dotant d'ailes ; Wilson-Chevalier, 1982, n° 62, p. 12-13). Il ne fait donc pas de doute qu'elle apparaissait dans un décor de Fontainebleau mais nous ignorons si Fontainebleau désigne ici le château au sens strict ou plus largement tout le hameau où celui-ci se trouvait. Dans la première hypothèse, il pouvait s'agir d'une composition non décrite ou mal décrite de la voûte de la galerie d'Ulysse (Bacou, 1972, n° 182, ; Meijer, 1984, sous n° 28, qui propose d'y voir une étude pour la 6e section ; Béguin, 1970, p. 89-90, qui le rapproche de sujets de la 15e. Aucune de ces hypothèses ne s'accorde aux sources écrites et aux autres témoignages graphiques. Morel d'Arleux, IV, n° 4613, n'indique pas de destination). Dans la seconde, un tel sujet aurait pu être inséré au décor de l'ancienne salle des bains de l'Hôtel de Ferrare, dont une description ancienne signale qu'elle était « ornée sur son plafond de quelques riches peintures de (...) Primatice, pareilles à celles de la galerie d'Ulysse » (Pierre Guilbert, Description historique des chasteau, bourg et forest de Fontainebleau, 2 vol., Paris, 1731, II, p. 140 ; Cordellier, 2004, p. 343 n° 178). Quoi qu'il en soit, dans le décor où il s'inscrivait, il devait être associé à d'autres dont les dessins sont parvenus jusqu'à nous par l'intermédiaire du Libro dei Disegni de Giorgio Vasari et de la collection d'Evrhard Jabach, Pan assis dans les nuée (Béguin, 1970, p. 89-90) et peut-être Vénus assise dans les nuées (Paris, Louvre, respectivement, Inv. 8563 et 8563 bis ; Béguin, 1970). Vasari appréciait particulièrement ces feuilles où étaient excellemment dépeintes le cose del cielo (Giorgio Vasari, Le Vite de' più eccellenti pittori scultori e architettori nelle redazioni del 1550 e 1568, éd. par Rosanna Bettarini et Paola Barocchi, 6 vol., Florence, 1966-1987 ; vol. VI, Florence, 1987, VI, p. 146) et une très fine copie de notre dessin, qui appartint à Mariette (Louvre, Inv. 8678), témoigne de la fascination qu'elles pouvaient exercer. Celle-ci tient à la radicalité de la vision en raccourci des figures plafonnantes, plus singulière encore que dans l'œuvre d'un Corrège ou d'un Tibaldi en Italie. En France, après le temps d'Henri IV et du jeune Louis XIII où des peintres comme Dubreuil et Fréminet en restèrent des adeptes, les décorateurs des demeures royales et les peintres de l'Académie renoncèrent à ce type de perspective hardie et virtuose qui donnait à voir les figures célestes par la plantes des pieds. Elle n'était plus de mode, dans la pratique, à l'époque où cette feuille entra dans la collection de Louis XIV'. Voir : D. Cordellier, cat. exp. Primatice, maître de Fontainebleau, Paris, Musée du Louvre, 2004, n° 178. BIBLIOGRAPHIE : Louis Dimier, Le Primatice, peintre, sculpteur et architecte des rois de France. Essai sur la vie et les ouvrages de cet artiste, suivi d'un catalogue raisonné de ses dessins et de ses compositions gravées, Paris, 1900, p. 424-425 n° 6 ; Sylvie Béguin, dans cat. exp. Le Cabinet d'un Grand Amateur P.J. Mariette, 1694-17774, Dessins du XVe au XVIIIe siècle, sous la direction de Roseline Bacou assistée de Françoise Viatte et Sylviane d'Origny, Paris, Musée du Louvre, Galerie Mollien, 1967, sous n°117 ; Sylvie Béguin, Le XVIe siècle français, Milan, Fratelli Fabri,1970, éd. française, Paris, éditions Princesse, 1976, p. 89-90 fig. 15 ; Roseline Bacou, in cat. exp. L'Ecole de Fontainebleau, Paris, Grand Palais, 1972, p. 163 n° 182, repr. p. 160 ; K. Wilson-Chevalier ('La postérité de l'École de Fontainebleau ...', Nouvelles de l'Estampe, mars-avril 1982, n° 62, p. 12-13, fig. 12 ; Bert W. Meijer, I grandi disegni italiani del Teylers Museum, Milan, s.d. [1984], sous n° 28 ; Sylvie Béguin, dans Sylvie Béguin, Jean Guillaume, Alain Roy, La Galerie d'Ulysse à Fontainebleau, Paris, 1985, p. 195-196, 198 fig. 123 ; Vittoria Romani, Primaticcio, Tibaldi e la questione delle « cose del cielo », Cittadella (Padoue), 1997, p. 51; Dominique Cordellier, cat. exp. Primatice, maître de Fontainebleau, Paris, Musée du Louvre, 2004., p. 341-344 n° 178 ; Py, 2004, p. 341sous n° 176-177 ; Vera Fortunati, « Nuoveconsiderazioni sul viaggio di Prospero Fontana in Francia », Crocevia e capitale della migrazione artistica, forestieri a Bologna ebolognesi ne mondo (secoli XV-XVI), actes du colloque international organisé par la Fondazione Cassa di Risparmio di Bologna en mai 2009, sous la direction de Sanine Frommel, Bologne, Bononia University Press, 2010, p. 381-394, en particulier p. 282-283 fig. 3.

INDEX :
Collections : Jabach, Everhard - Cabinet du Roi - Cabinet du Roi, dessins remontés
Lieux : Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert Ier, oeuvre en rapport, Fontainebleau, château, Galerie d'Ulysse, oeuvre en rapport, Paris, Musée du Louvre, oeuvre en rapport
Personnes : Saturne - Neptune+ - Ferdinand+
Sujets : MYTHOLOGIES - Saturne dévorant ses enfants - Parnasse
Techniques : rehauts de blanc - sanguine - papier lavé de beige

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 4, p. 277