Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

LABILLE-GUIARD Adélaïde


Ecole française

Portrait de Mme Clodion
Catherine Flore, née Pajou (1764-1841).

1783

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
REC 166, Recto

LOCALISATION :
restitué à son propriétaire

ATTRIBUTION ACTUELLE :
LABILLE-GUIARD Adélaïde
Xavier Salmon

TECHNIQUES :
Pastel sur papier gris-bleu marouflé sur toile tendue sur châssis Signé et daté en bas, à gauche, au-dessus du dossier de la chaise : Labille f. Guiard / 1783 Au verso : étiquette de "L'Exposition de cent pastels" (1908) avec annotation manuscrite : 'Labille-Guiard (Mme) Portrait de Madame Clodion née Pajou / Collection de Mme de Saint Germain' ; étiquette de "L'Exposition Quentin de La Tour et des Pastellistes Français des XVIIème et XVIIIème siècles" (1927) ; étiquette manuscrite : 'Mme Labille Guyard / 1749-1803 / Portrait de Madame Clodion / Signé et daté 1783' ; étiquette avec annotation manuscrite : 'Récupération' ; inscription à la craie blanche : 'n° 1631' (n° de la vente du 20-22 mars 1968 chez Rudolf Neumeister).
H. 00,640m ; L. 00,530m

HISTORIQUE :
Pour consulter la base des MNR (Musées nationaux Récupération), adresse du site Rose-Valland : http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mnrbis_fr L'œuvre a été identifiée comme provenant du Landesmuseum de Linz. Elle figure dans la « Liste des œuvres du musée de Linz d'origine française » sous la référence XVIIa/55300 (MAEDI/RA/C581 R37 : « Œuvres du musée de Linz d'origine française pas encore retrouvées »). Le pastel est auparavant cité entre 1908 et 1912 dans la collection de Mme Léon de Saint-Germain ( Passez, 1973, n° 49, fig. 35.),née Marie-Louise Élisabeth Pajou. Il est cité en 1927 et 1933 dans la collection du baron Pierre de Gunzburg (« Exposition du pastel français du 17ème siècle à nos jours », Paris, galerie A. J. Seligman, 128 faubourg Saint-Honoré, 18 novembre - 9 décembre 1933, n° 15.,) puis chez Mme la baronne Pierre de Gunzburg (Passez, 1973, no 49.). Il est acheté, le 31 mars 1944, par Hildebrand Gurlitt auprès de Théo Hermsen à Paris, à l'hôtel Jersey, 5 rue de la Grange-Batelière, pour 20 000 Reichsmarks. Il est destiné au musée de Linz, où il entre sous le numéro 3541 (MAEDI/RA/C581 R37 : « Liste Linz : oeuvres d'art d'origine française pas encore retrouvées »). Une demande de licence d'exportation est alors formulée le 9 mai 1944 par Théo Hermsen pour le compte du docteur Voss à Dresde : celle-ci figure dans le dossier n° 17670 pour une valeur de 400 000 francs (MAEDI/RA/C399 P38 : Demande de licence d'exportation datée du 9 mai 1944, et transmise à J. Jaujard, directeur des Musées nationaux et de l'École du Louvre). Le pastel est déposé au Führerbau de Munich fin 1944 et figure dans l'inventaire « Reger », localisé dans la cellule n°6, sous le numéro « Linz 3541 » (MAEDI/RA/C581 R37 : « Inventaire Reger », inventaire dressé par l'architecte Reger des oeuvres d'art déposées au Führerbau de Munich avant leur évacuation à Linz ou à Dresde). Le Führerbau de Munich est pillé en avril 1945 et le pastel disparaît. Après de vaines recherches pour le retrouver, la procédure en restitution à la France est stoppée en novembre 1958. Le pastel est retrouvé en septembre 1968 sur le marché de l'art (Munich, Rudolf Neumeister, ancienne maison Adolf Weinmüller, 20-22 mars, n°1631, repr. pl. 55) et restitué à la France en juin 1970 (MAEDI/RA/C581 R37 : Lettre de Doubinsky [délégué de l'OBIP en Bavière, Central Collecting Point de Munich], adressée à Rose Valland, datée du 2 février 1950 ; MAEDI/22 BIP/83 [ex MAEDI/OBIP Res 83] : Dossier de restitution de l'œuvre à la France de décembre 1968 à juin 1970). Il est alors confié à la garde du département des Arts graphiques du musée du Louvre. En 1972, Anne-Marie Passez croit localiser le pastel dans la collection de la famille de Gunzburg (Passez, 1973, no 49. Musée du Louvre, département des Arts graphiques, documentation : copie du courrier de la baronne Jean de Gunzburg à Mme Passez du 20 mai 1972). À cette date, cette dernière pense en effet posséder le pastel de Labille-Guiard. Or, après avoir vu l'œuvre en question, Anne-Marie Passez elle-même affirma qu'il s'agissait d'une copie, sans doute de la main de Mlle Bocquet (Une correspondance échangée entre Mme Passez et la famille Gunzburg [avec une note dactylographiée à l'attention de Maurice Sérullaz] spécifie que le « Portrait de Mme Clodion » appartenait à la baronne Pierre de Gunzburg avant la dernière guerre. Celle-ci est morte vers 1970. Elle avait plusieurs enfants, dont Philippe de Gunzburg. La baronne Jean de Gunzburg, cousine de ce dernier, qui est venue au musée du Louvre voir le pastel, a signalé qu'elle possédait un autre exemplaire du portrait (voir note précédente). Selon Mme Passez, il s'agirait d'une copie : la facture est différente et il est signé et daté « Melle B. / 1785 » peut-être Mlle Bocquet). Cette erreur d'attribution expliquerait également pourquoi la famille de Gunzburg, légalement propriétaire du pastel avant la guerre, n'a jamais fait de réclamation (MAEDI/RA/C315 C38 : « Liste des tableaux par ordre de propriétaires avec indication de leur restitution ». Le pastel est mentionné parmi les œuvres de P. de Gunzburg. Il est ajouté, à la main : « non restitué » ; MAEDI/RA/C249 B66 ou MAEDI/RA/C389 P24 : « Liste des seize photographies transmises par l'O.B.I.P. et constituant le deuxième contingent des photographies Martin ». Le propriétaire indiqué est le « Dr Pierre Gunzburg »). Malgré l'inscription « Récupération » au verso, l'œuvre ne figure pas dans la « Liste des dessins reçus de la Commission de Récupération Artistique », registre manuscrit dit « de Récupération », tenu par Roseline Bacou. Restitué aux ayants droit de Pierre et Yvonne de Gunzbourg le 28 juin 2018. (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, p. 310 à 311).
Mode d'acquisition : Remis au musée
Année d'acquisition : 1970


COMMENTAIRE :
Unique fille du sculpteur Augustin Pajou et d'Angélique Roumier, Flore Pajou épousa le 26 février 1781 le sculpteur Claude Michel, dit Clodion. Le couple ne s'entendit pas et se sépara en 1789. Le divorce fut prononcé à la demande de Flore en janvier 1794. Fourcaud, 1908, XXIV, p. 291, repr. ; Lemoisne, 1908, p. 30, repr. ; Roger-Milès, 1908a, repr. p. 20 ; Stein, 1912, p. 48, repr. p. 25 ; Dacier et Ratouis de Limay, 1927, no 25, repr. pl. V ; Ratouis de Limay, 1927, I,p. 336 ; Passez, 1973, p. 132, no 49, repr. pl. XXXVIII ; Sprinson de Jesús,2008, repr. fig. 5 ; Auricchio, 2009, p. 67, repr. p. 68, fig. 53 ; Jeffares, 2017 (www.pastellists.com), Labille-Guiard, p. 5, no J.44.16. Neil Jeffares donne ce pastel à Adelaïde Labille-Guiard, portrait de Mme Clodion, née Catherine-Flore Pajou (1764-1841) (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 270). Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, p. 310 à 311. neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, REC 166. Expositions : Paris, 1908a, no 27 ; Paris, 1927, no 25 ; Paris, 1933a, no 15.

INDEX :
Personnes : Pajou, Catherine Flore - Clodion, Mme
Sujets : portrait
Techniques : pastel