Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

CHARDIN Jean Siméon


Ecole française

Autoportrait de Chardin à son chevalet.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 31748, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 16

ATTRIBUTION ACTUELLE :
CHARDIN Jean Siméon

TECHNIQUES :
Pastel sur papier bleu tendu sur châssis entoilé. Les mesures du cadre sont : H : 00,55; L : 00,445 et profondeur : 00,095. La toile de marouflage porte des essais de crayon et de fusain. La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien de Joan et Mike Kahn en 2016.
H. 00,407m ; L. 00,326m

HISTORIQUE :
L'oeuvre est citée dès 1885 dans la collection de Léon Michel-Lévy. Lors de sa vente, à Paris, galerie Georges Petit, les 17 et 18 juin 1925 (lot 44),le catalogue précisait qu'elle avait été acquise chez un descendant de la famille de Chardin accompagnée des bésicles que l'artiste portait sur son nez. Citée en 1927 dans la collection du baron Henry de Rothschild (1872-1947), puis dans la collection de son fils le baron James Henri de Rothschild (1896-1984). Sa vente, Paris, palais Galliera, 1er décembre 1966, lot 113. Acquis à cette occasion par le musée du Louvre pour la somme de 680 000 francs. Restauré en 2017 (décadrage, dépoussiérage, élimination mécanique des moisissures, consolidation des déchirures et soulèvements du papier en périphérie, comblement de la lacune en bas à droite et retouche au pastel, ré encadrement dans un emboîtage classique).
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1967


COMMENTAIRE :
Cet autoportrait est en relation avec INV. 25206, INV.25207 et INV.25208. Neil Jeffares confirme l'attribution à Jean-Siméon Chardin et l'identification du modèle, Autoportrait au chevalet, (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 121). L'historique du troisième autoportrait de Chardin conservé au Louvre n'est pas documenté avant 1885. On a parfois proposé d'y reconnaître le « portrait de Chardin, des lunettes sur le nez, un mouchoir au cou et sur la tête une sorte de bonnet serré par un ruban bleu » cédé à l'encan lorsque fut dispersée à Paris, du 11 au 13 avril 1867, la collection de Laurent Laperlier (1805-1878). Rien n'est moins sûr, car dans une lettre du 19 janvier 1864 adressée depuis Alger aux frères Goncourt (Paris, BnF, Mss., citée par Rosenberg,1979, p. 354), Laperlier précisait que son autoportrait était une répétition de celui du musée du Louvre, soit de l'Autoportrait aux bésicles, assertion reprise quelques années plus tard dans le catalogue de la vente. Or, si les visages offrent effectivement de grandes similitudes d'un autoportrait à l'autre, l'absence du chevalet sur l'un et sa présence sur l'autre, avec la main tenant un crayon de pastel rouge,les distinguent et, à notre sens, ne permettent pas de reconnaître dans le second une répétition du premier, ainsi que cela était mentionné en 1864 et 1867. L'Autoportrait au chevalet fut peut-être exposé au Salon, sans doute pas celui de 1777 puisque le croquis laissé par Gabriel de Saint-Aubin sur son exemplaire du livret (Paris, BnF, Est., Dacier, 1910, IV, p. 45-46) semble correspondre à un autoportrait où l'artiste paraissait de profil tourné vers la droite et dont on connaît deux exemplaires (l'un est daté de 1775), mais peut-être à celui de 1779, où, parmi les « têtes d'étude » citées par le livret sous le même numéro, la critique du temps (La Bonne lunette, 1779) avait distingué un « jacquet », soit un portrait de laquais, et « deux têtes de vieillard »au nombre desquelles l'autoportrait pouvait compter. C'est en tout cas à ces toutes dernières années de la vie de Chardin que doit être rattaché le poignant pastel du Louvre. En comparaison du portrait de 1771, le vieil homme apparaît en effet encore plus émacié, plus voûté, le teint plus parcheminé, le regard plus usé, plus désabusé, selon les mots de Pierre Rosenberg. La technique en est aussi différente. Dans l'œuvre du début des années 1770, le modelé jouait par petites hachures de l'harmonie des consonances. Ici, il juxtapose par touches plus larges et plus brutales, tout en maintenant la théorie des rappels et des reflets, les tons de la vieillesse, comme si le maître avait déjà conscience de sa fin prochaine (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 45, p. 106-108). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 42/43/44/45.

INDEX :
Collections : Rothschild
Lieux : Paris, Musée du Louvre, oeuvre en rapport
Personnes : Chardin, Jean-Baptiste Siméon
Sujets : Autoportrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 27, p. 58