Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 15/02/2016 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

NATTIER Jean Marc


Ecole française

La chute des Anges rebelles

1751

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 37109, Recto

LOCALISATION :
Réserve des pièces encadrées
Epi 66

ATTRIBUTION ACTUELLE :
NATTIER Jean Marc

TECHNIQUES :
Pierre noire et rehauts de blanc sur quatre feuilles de papier brun assemblées et marouflées sur toile. Signé et daté, en bas, à gauche, en blanc : Nattier fecit / 1751.
H. 01,105m ; L. 00,815m

HISTORIQUE :
La feuille est décrite dans le catalogue des dessins, tableaux, estampes, bronzes, porcelaines et livres du cabinet de Nattier dont la vente s'est déroulée le lundi 27 juin 1763, dans l'appartement de l'enclos du Temple à Paris : Un très grand dessin en bordure doré et glace representant : La chute des mauvais anges. Elle ne semble pas avoir été cédée à autrui, demeurant en possession des enfants de Nattier et de leurs descendants. P. de Nolhac cite le dessin en 1905 chez A. Dumaine, G. Huard le cite en 1930 chez H. Dumaine. Acquis auprès de ces derniers par Maurice Ségoura, le dessin fut acheté par le musée du Louvre en 1979.
Dernière provenance : Galerie Segoura
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1979


COMMENTAIRE :
Tiré du 'Paradis Perdu' de Milton. Xavier Salmon : Selon le comte de Caylus, le dessin fut exposé au Salon à Paris en 1751 (non cité au Livret). Conçue comme une œuvre aboutie de dimensions extraordinaires, elle ne répondait à aucune commande précise, mais au seul plaisir que Nattier éprouvait à l'art de la composition et au genre de l'histoire. L'artiste avait une connaissance exacte du poème de John Milton (1608-1674) car il en possédait la traduction de Nicolas-François Dupré de Saint-Maur (1695-1774) publiée à Paris en 1729 (l'ouvrage est cité dans le catalogue de sa vente, en 1763). Son choix s'était porté sur le VIe chant, qui décrit les combats opposants les forces du bien à celles du mal, et, plus particulièrement sur ceux du troisième jour, qui sous la conduite de Dieu le Père, avait assuré la victoire du Messie sur les troupes de Satan. Pour une telle scène l'artiste, avait indéniablement utilisé pour modèle La Chute des réprouvés de Rubens, il en possédait l'estampe gravée par Pieter Claesz Soutman, A cette gravure célèbre, peut-être à celle de la Tentation de saint Antoine par Jacques Callot (dont il était aussi propriétaire) et à l'une des compositions peintes par Rubens pour le Luxembourg, La Paix confirmée dans le ciel, il avait emprunté plusieurs de ses êtres monstrueux, en particulier la bête à sept têtes des péchés capitaux, où l'on reconnaît le paon de la Vanité, le bélier de la Luxure, l'âne de la Paresse, le lion de la Colère, le loup de l'Homicide, le serpent de la Fraude et le sanglier de la Gourmandise (dans Xavier Salmon, Jean-Marc Nattier 1685-1766, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 26 octobre 1999 - 30 janvier 2000, RMN, Paris, 1999, n° 67, p. 238-241, repr.).

INDEX :
Personnes : Milton, John - Caylus, comte de+ - Soutman, Peter Claesz, gravure en rapport - Dupré de Saint-Maur+
Sujets : Allégorie de la Fraude - Allégorie de la Luxure - Allégorie de la Colère - Allégorie de la Paresse - Allégorie de la Vanité - Chute des anges rebelles - Rubens, Peter Paulus, Chute des damnés - Allégorie de la Gourmandise - Salon de 1751 - Callot, Jacques, Tentation de saint Antoine - Rubens, Peter Paulus, La Paix confirmée dans le ciel - Allégorie de l'Homicide
Techniques : pierre noire - rehauts de blanc - sanguine

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 28, p. 250