Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 24/08/2009 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

BECCAFUMI Domenico


Ecole florentine

Chapelle avec l'Annonciation, une Sainte Conversation et saint Sébastien

Vers 1517

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 264, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII4126
MA3907

LOCALISATION :
Petit format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
BECCAFUMI Domenico
F. Reiset (Inv. ms)

ANCIENNES ATTRIBUTIONS :
ANONYME ITALIEN
Morel d'Arleux (Inv. ms)

TECHNIQUES :
Plume et encre brune, pierre noire, stylet à la règle et au compas, sur papier beige. Angles supérieures abattus et completés. Collé en plein.
H. 00,298m ; L. 00,214m

HISTORIQUE :
Cabinet du Roi ; montage bleu à filet d'encre brune, réserve blanche et bande dorée, par Mallécot, pour le Cabinet du Roi ; paraphe de J. Ch. Garnier d'Isle (L.2961 au recto) ; marques de la Commission du Museum (L.1899) et du Conservatoire (L.2207).
Dernière provenance : Jabach, Everhard
Mode d'acquisition : acquis pour le Cabinet du roi
Année d'acquisition : 1671

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.3, p.504, chap. : Ecole italienne B, carton 35. (...) Num¿ro : 3907.Idem [[ Maîtres inconnus /&. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 141. D¿signation des sujets : Dessin d'architecture orné de peinture et de sculpture. Il est fait à la plume. Dimensions : H. 31 x L. 21,5cm. Origine : Idem & Collection ancienne /&.Prix de l'estimation de l'objet : 10francs. Emplacement actuel : Idem & Calcographie du Musée Napoléon ]]. Signe de recollement : [Vu] [[au crayon]]. Cote : 1DD35

COMMENTAIRE :
Projet de décoration pour une chapelle ou un oratoire (A. De Marchi, dans cat. exp. Domenico Beccafumi e il suo tempo, Sienne, Chiesa di Sant'Agostino, Pinacoteca Nazionale, Duomo, Palazzo Pubblico, Oratorio di San Bernardino, Spedale di Santa Maria della Scala, Palazzo Bindi Sergardi, 1990, p. 432-433 n° 92 ) dont le couvrement était à double pente. La distribution des figures répondrait à celle de la 'Madone de Foligno' de Raphaël (Rome, Pinacoteca Vaticana, vers 1511-1512) si Beccafumi n'avait situé la scène dans une exèdre, comme le fait Fra Bartolommeo dans ses tableaux d'autel des années 1511-1512 (B. P. Gordley, 'The Drawings of Beccafumi', Princeton Univ., Ph. D., 1988, p. 402 n° 97). Cette exèdre prolonge ici l'architecture du premier plan de sorte qu'il n'est pas facile de décider si cette Sainte Conversation devait être peinte sur la paroi d'une abside en cul-de-four (A. De Marchi, cit.) ou sur un tableau dont la base correspondrait au niveau de la table d'autel (D. Sanminiatelli, 'Domenico Beccafumi', Milan, 1967, p. 156 n° 85). Au-dessus de cette Sainte Conversation, Beccafumi prévoyait de montrer - comme Perugino dans les fresques de Montefalco - Dieu le Père bénissant, au centre, et latéralement - comme Bartolomeo di David à Castellina in Chianti (Villa Francesconi) - l'Annonciation, dont seule la Vierge est visible à droite. Sous celle-ci, Beccafumi a représenté saint Sébastien, saint souvent invoqué contre la peste. La disposition en triptyque de cette figure latérale et de celle, non dessinée, qui aurait dû lui faire pendant, avec un sujet central développé dans un espace plus haut et cintré, peut sembler traditionnelle si l'on songe aux polyptyques de Vecchietta ('Triptyque de l'Assomption', Pienza, Duomo, 1461-1462), Fungai ('Stigmatisation de sainte Catherine', Sienne, Santa Casa, 1493-1497) et Pacchiarotto ('Triptyque de la Visitation', Sienne, Pinacoteca), mais elle apparaît profondément modernisée si on lit le dessin comme une architecture en profondeur, articulée comme une serlienne, où les figures transgressent les limites de leurs cadres (B. P. Gordley, cit. ; A. De Marchi, cit.). Ce projet ne peut malheureusement pas être rattaché de façon certaine à une oeuvre conservée ou mentionnée par les documents. En effet, on ne peut suivre D. Sanminiatelli (cit.), E. Baccheschi ('L'Opera completa del Beccafumi', avec une présentation de G. Briganti, [I Classici dell'Arte], Milan, 1977, p. 92-93, n° 51/1), B. P. Gordley (cit.), E. Capretti ('Tipologie fiorentine di altari agli albori della Controriforma : un`indagine attraverso i disegni, dans 'Altari e immagini nello spazio ecclesiale. Progetti e realizzazioni fra Firenze e Bologna nell'età della Controriforma', par A. Forlani Tempesti, Florence, 1996, p. 81) quand ils y voient une étude pour une oeuvre perdue de l'église de la Madone à Pian delle Fornaci dont on sait, par un paiement versé au peintre le 19 septembre 1524 par l'hôpital de Santa Maria della Scala à Sienne, qu'elle se composait de 'VIIII quadri pintovi più fighure per la tavola della Madonna' [« neuf compartiments peints de plusieurs figures pour le tableau de la Madone »] (S. Moscadelli, C. Zarrilli, dans cat. exp. Domenico Beccafumi e il suo tempo, Sienne ..., cit., p. 688 n° 125 ; P. Torriti, 'Beccafumi : Opera Completa', Milan, 1998, p. 369 [14]) : même si le sujet central du retable est bien la Madone, les neuf figures ou groupes de figures que suppose le dessin (si l'on ajoute aux sept visibles l'ange de l'Annonciation et un saint dans une niche à gauche) ne constituent pas neuf « tableaux ». A. De Marchi (cit.), suivi par P. Giannattasio (cit.), écarte donc l'identification. La partie centrale du dessin correspond mieux à la description d'une autre peinture perdue de Beccafumi autrefois à Sienne, au revers de la façade de Santa Maria a Ponte a Tressa, qui montrait une Vierge à l'Enfant assise, avec le petit saint Jean agenouillé à ses pieds et, latéralement, saint Pierre, saint Paul et deux saints grandeur nature (G. Della Valle, 'Lettere sanesi di un socio dell'Accademia di Fossano sopra le Belle Arti', 3 vol., Venise-Rome, 1782-1786, III, p. 221). Cependant, le caractère imprécis du dessin interdit d'affirmer qu'il était préparatoire à cette oeuvre. La feuille s'inscrit bien dans la première activité de Beccafumi. Comme le soulignent B. P. Gordley (cit.) et A. De Marchi (cit.), la niche épure un motif du projet de façade pour le Palazzo Borghesi de Sienne (Londres, British Museum, inv. 1900.7.17.30) et du dessin de 'La Visitation entre saint Roch et saint Sébastien' (Florence, GDSU, n. 701E), que la critique considère comme un projet pour une composition perdue de la chapelle del Manto dans l'hôpital de Santa Maria della Scala, à Sienne (vers 1513). Dans ce dessin, comme sur notre feuille, le saint Sébastien, qui occupe la niche comme une statue dont le 'contrapposto' fait écho à celui de l'Apollon de 'L'École d'Athènes' de Raphaël (Rome, Vatican, Chambre de la Signature, 1508-1511) et à celui du 'Sagittaire' de Peruzzi à la Villa Farnesina (Rome, 1510-1511), a pratiquement la même attitude, mais Beccafumi introduit quelques caractères nouveaux dans son oeuvre : la figure dépasse l'espace qui devrait la contenir et son tracé, ondulant, discontinu, est devenu vibrant, ouvert, transparent. Le premier de ces traits peut être observé dans des peintures de l'artiste des alentours de 1516-1517, telle que le 'Saint Ignace d'Antioche' de la Collezione Chigi Saracini (Sienne). Le second est surtout visible dans les dessins de la maturité et signale que la feuille du Louvre a été dessinée après 'La Visitation entre saint Roch et saint Sébastien'. Mais la datation vers 1524, proposée par D. Sanminiatelli (cit.) et B. P. Gordley (cit.), motivée par la parenté des saints représentés aux pieds de la Vierge dans le dessin du Louvre avec le 'Moïse frappant le rocher' du pavement du Duomo de Sienne, est sans doute trop tardive. En effet, la silhouette légèrement arquée de ces figures trouve déjà un équivalent dans le 'Mariage de la Vierge' de l'Oratoire de saint Bernardin à Sienne payé en 1518 (mais peut-être entrepris dès 1516 ; L. Martini, dans cat. exp. Domenico Beccafumi e il suo tempo, Sienne ..., cit., p. 604-607). En outre, l'emploi d'un vocabulaire décoratif antiquisant sur les membres de l'architecture est un autre trait commun avec le dessin étudié ici. La datation de celui-ci vers 1517, avancée par A. De Marchi (cit.), paraît donc vraisemblable. Voir : D. Cordellier, 'Domenico Beccafumi' (Cabinet des dessins), avec la collaboration de L. Angelucci et R. Serra, Milan, 2009, n° 1.

INDEX :
Collections : Jabach, Everhard - Cabinet du Roi
Lieux : Rome, Farnesina, Sala di Galatea, oeuvre en rapport, Londres, British Museum, oeuvre en rapport, Sienne, Duomo, oeuvre en rapport, Sienne, Pinacoteca Nazionale, oeuvre en rapport, Rome, Vatican, Chambre de la Signature, oeuvre en rapport, Sienne, Spedale di Santa Maria della Scala, oeuvre en rapport, Sienne, Palazzo Borghesi, oeuvre en rapport, Sienne, Eglise de la Madone à Pian delle Fornaci, oeuvre en rapport, Sienne, Oratorio di San Bernardino, oeuvre en rapport, Rome, Pinacoteca Vaticana, oeuvre en rapport, Florence, Galleria degli Uffizi, oeuvre en rapport, Antioche+, Athènes+, Paris, Musée du Louvre, oeuvre en rapport, Foligno+, Montefalco, Museo Civico di San Francesco, oeuvre en rapport, Castellina in Chianti, Villa Francesconi, oeuvre en rapport, Pienza, Duomo, oeuvre en rapport, Sienne, Santa Casa, oeuvre en rapport, Sienne, Santa Maria a Ponte a Tressa, oeuvre en rapport, Sienne, Collezione Chigi Saracini, oeuvre en rapport
Personnes : Sébastien, saint - Vierge Marie - Apollon+ - Catherine, sainte+ - Moïse+ - Paul, saint+ - Vierge Marie+ - Pierre, saint+ - Roch, saint+ - Sébastien, saint+ - Ignace, saint+ - Raphaël+ - Peruzzi, Baldassarre+ - Dieu le Père - Jean-Baptiste enfant, saint - Jésus Enfant - Fra Bartolommeo+ - Jean-Baptiste enfant, saint+ - Perugino, Pietro+ - Bartolomeo di David+ - Vecchietta+ - Fungai, Bernardino+ - Pacchiarotto, Jacobo+
Sujets : ICONOGRAPHIE RELIGIEUSE - Annonciation - Martyre de saint Sébastien - Sainte Conversation - Dieu bénissant - Vierge de l'Annonciation - Dieu sur des nuages tenant un globe - Ange de l'Annonciation - saints - Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean et des saints
Techniques : encre brune - papier beige - pierre noire - stylet - compas - règle - plume

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 1, p. 42