Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

HOIN Claude Jean-Baptiste


Ecole française

Tête d'homme barbu, tourné vers la droite

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 41362, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 9

ATTRIBUTION ACTUELLE :
HOIN Claude Jean-Baptiste

TECHNIQUES :
Pastel sur papier gris-bleu. Signé en bas à droite, au crayon : 'Cde Hoin'. Les mesures du cadre sont : H : 00,555 ; L : 00,474 et profondeur : 00,05.
H. 00,400m ; L. 00,320m

HISTORIQUE :
Vendu à l'hôtel Drouot à Paris, le 4 novembre 1980, lot 77, repr.(Mes Ader Picard Tajan). Adjugé 3 800 francs. Acquis en février 1987 par le musée du Louvre auprès de Mme Victoria Cabanel, 76 rue de Seine à Paris. Comité consultatif des musées nationaux du 5 février 1987, arrêté du 19 février 1987.
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1987


COMMENTAIRE :
Neil Jeffares donne ce portrait à Claude-Jean-Baptiste Hoin, comme Tête d'homme barbu (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 252). Formé à l'école du dessin fondée à Dijon par François Devosge, puis à partir de 1772 à Paris auprès de Jean-Baptiste Greuze, autre Bourguignon, Hoin jouit de quelque réputation en tant que miniaturiste, mais aussi comme auteur de scènes de genre peintes à la gouache, comme portraitiste au pastel et comme graveur. Les œuvres présentées au Salon de la Correspondance en juillet et décembre 1779, puis en décembre 1783, et l'accueil favorable qui leur fut fait lui permirent de travailler pour le duc de Bouillon et le comte de Provence, frère de Louis XVI, ce dont il tira quelque orgueil en s'attachant à faire suivre sa signature sur certaines de ses créations de la mention « peintre de Monsieur ». Reçu à l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon en 1776, puis comme associé à celle de Toulouse, avant celles de Lyon et de Rouen, il ne se présenta jamais à celle de Paris, mais exposa au Salon de 1801 et de 1802 avant de reprendre le chemin de sa ville natale, où il enseigna le dessin au lycée à partir de 1804 et devint conservateur du musée des Beaux-Arts en 1811. Peut-être formé au pastel par Greuze, l'artiste manifesta une grande admiration pour l'art de Rosalba Carriera, à laquelle il rendit hommage en peignant plusieurs allégories féminines aimablement dévêtues décrivant l'Été ou bien l'Automne (musée des Beaux-Arts de Dijon,inv. 2899, et vente New York, Sotheby's, 25 janvier 2006, lots 141 et 142, repr.), ainsi que des têtes d'expression (Langres, musée d'Art et d'Histoire, inv. 872.1.15, et vente Paris, hôtel Drouot, 14 décembre 2006, Pierre Bergé, lot 215, repr.). Il ne fut pas non plus insensible au travail d'introspection conduit par Maurice Quentin de La Tour,multipliant les autoportraits tout au long de sa carrière. À sa mort,survenue le 16 juillet 1817, il légua ainsi au musée de Dijon deux pastels de la Rosalba, une femme à la colombe et une allégorie du Printemps, ainsi que deux préparations de La Tour, l'une pour un autoportrait du maître, l'autre pour l'effigie du peintre Joseph Vernet. L'œuvre de Hoin comporte également un bel ensemble de copies peintes au pastel d'après certains tableaux de l'école nordique conservés dans les collections parisiennes du temps, en particulier à la galerie du duc d'Orléans au Palais-Royal. Outre plusieurs œuvres de Rembrandt ou qui lui étaient alors attribuées, il reproduisit ainsi certaines figures peintes par Nicolas Maes ou Jacob Van Oost (Dijon, musée des Beaux-Arts, inv. 4493, 4494, J94, et Dijon, musée Magnin, inv. 1938 DF 513). Acquise par le Louvre en 1987, l'étude de tête d'homme barbu doit être rattachée à cet ensemble. Avec une autre tête de vieillard peinte de profil au pastel et offerte par Hoin comme l'un de ses deux morceaux de réception à l'Académie de Toulouse (Toulouse, musée des Augustins, inv. RO 524), elle a été rapprochée par Jean-François Méjanès de l'œuvre de Rubens ou de Van Dyck et de certains dessins de ces deux maîtres gravés par le comte de Caylus. Si la tête offre effectivement quelques affinités avec celle de Joseph sur Le Repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte peint par Anton Van Dyck (versions à la galerie du palais Pitti à Florence, inv. 437, et au musée de l'Ermitage à Saint- Pétersbourg, inv. ¿ ¿.539) et avec plusieurs des visages regroupés sur les trente-deux planches du Recueil de têtes d'Antoine Van Dyck tirées du Cabinet de M. Crozat et gravées par M. le C. de Caylus en 1735, ou bien encore avec celui du comte d'Arundel peint par Pierre Paul Rubens (Boston, Isabella Stewart Gardner Museum, inv. P21s15), elle n'en est cependant jamais une copie exacte. Le modèle utilisé par Hoin demeure donc à identifier. Exercice de copie, ainsi que l'avait fait aussi Maurice Quentin de La Tour d'après la Rosalba, Murillo ou Georges de La Tour, le pastel du Louvre fut très certainement peint avant la Révolution. Il n'y a en effet aucune raison de considérer qu'il ne soit pas contemporain des autres études d'après les maîtres. Le visage de femme âgée du musée Magnin fut copié d'après un tableau vendu en 1781. La collection de tableaux du Palais-Royal devint inaccessible à partir de la Révolution et fut en grande partie 71 vendue à partir de 1793 (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 71, p. 144). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 71.

INDEX :
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 31, p. 49