Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

GREUZE Jean-Baptiste


Ecole française

Jeune fille exprimant l'effroi.

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 41293, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 18

ATTRIBUTION ACTUELLE :
GREUZE Jean-Baptiste

TECHNIQUES :
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile tendue sur châssis. Sur le carton de protection du châssis, cachet de cire rouge avec des armes et une couronne comtale. Étiquette avec le numéro 131 au feutre noir. Sur le cadre, étiquette avec le numéro 9027. Les mesures du cadre sont : H : 00,585 ; L : 00,49 et profondeur : 00,06. Etiquette au dos : '9027', une autre : '131'. La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien de Joan et Mike Kahn en 2016.
H. 00,410m ; L. 00,328m

HISTORIQUE :
Collection Martial Pelletier ; sa vente après décès, Paris, hôtel Drouot,28 avril 1870, lot 11 (Me Oudart). Collection d'Anatole Auguste Hulot(Le Mans, 1811 - Paris, 1891), adjoint au graveur général de la Monnaie,chargé de la fabrication des timbres ; sa vente après décès, Paris, galerie Georges Petit, 8 rue de Sèze, 9-10 mai 1892, lot 152, repr., adjugé 1 300 francs (Me Chevallier). Collection Couvreur, sa vente, Paris, hôtel Drouot, 1er-2 décembre 1875, lot 161. Collection Henri Leroux. Sa vente, Versailles, hôtel Rameau, 13 octobre 1968, lot 65, repr. (Me Blache). Collection Vincent Cosne à La Chaussée-Saint-Victor dans le Loir-et-Cher. Acquis par le musée du Louvre de M. Cosne par arrêt en douane du 18 septembre 1986. Restauré en 2016 (décadrage, dépoussiérage de la toile de marouflage). Réencadré en février 2017 dans un cadre emboîtant.
Mode d'acquisition : achat
Année d'acquisition : 1986


COMMENTAIRE :
Neil Jeffares donne ce portrait à Jean-Baptiste Greuze, sous le titre L'Effroi (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 215). L'oeuvre de Jean-Baptiste Greuze compte aujourd'hui une trentaine de pastels dont Ratouis de Limay soulignait en 1946 la spontanéité, le charme et la vérité. Portraits, têtes d'expression ou études préparatoires à certains tableaux, ils donnèrent généralement lieu à d'élogieux commentaires lorsque l'artiste les présenta au public. Ainsi, au Salon de 1765, le dernier auquel Greuze participa,Diderot ne boudait pas son plaisir à la vue de l'étude pour La Mère bien aimée prêtée par le baron Pierre Joseph Victor de Besenval, inspecteur général des Suisses : « C'est encore une assez belle chose. Il y a tout plein de vérité de chair, et un moelleux infini. Elle est bien par plans, et grassement faite ; cependant un peu grise ; les coins de la bouche qui baissent, lui donnent un air de douleur, mêlé de plaisir » (Seznec et Adhémar, 1957-1967, II, p. 107). Exposé la même année (no 122), le portrait de La Live de Jully, introducteur des ambassadeurs auprès du roi, suscitait un ton tout aussi élogieux, en raison de son exécution très agréable et de sa couleur fine et précieuse (L'Année littéraire, 4 octobre 1765, p. 162). Les amateurs du temps, les La Live de Jully, Mariette, Randon de Boisset ou bien encore Quesnay, tiraient quelque orgueil à posséder certains des pastels du maître, en particulier ses têtes d'expression préparatoires ou non à ses compositions peintes. Ceux du siècle suivant leur emboîtèrent le pas. L'œuvre acquise par le Louvre en 1986 a ainsi une provenance prestigieuse qui sans doute s'enrichirait encore si les armoiries du cachet de cire apposé sur le carton de protection du châssis pouvaient être identifiées (fig. 30). Greuze s'y est appliqué à fixer une expression d'effroi, l'œil humide, la bouche entrouverte, les cheveux et l'écharpe de gaze soulevés par le vent. Il travaille en peintre plus qu'en pastelliste, mouillant la matière, l'écrasant en épaisseur et l'utilisant comme s'il s'agissait de couleurs à l'huile afin de modeler des chairs qui prennent une coloration un peu bleuâtre. Ayant semble-t-il un pendant dans la collection Hulot figurant une bacchante tournée vers la gauche dans une expression de langueur (lot 153. 0,40 × 0,34 m), le pastel n'est semble-t-il préparatoire à aucune figure peinte et doit être considéré comme une œuvre en soi, emblématique de cette quête du pathos qui caractérise l'œuvre du maître. Il a été légitimement rapproché par Régis Michel de plusieurs têtes peintes dans les années 1775- 1780 dont le sentiment dramatique est encore très marqué et n'a pas perdu de sa force (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 67, p. 140-141). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 67.

INDEX :
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 31, p. 35