Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 17/03/2015 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.
école de

LE BRUN Charles


Ecole française

Quart de plafond. Projet pour l'hôtel des premiers présidents au parlement de Paris

Vers 1653/1657

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 30208, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII12641
MA10523

Numéros de catalogue :
Guiffrey et Marcel G8248

LOCALISATION :
Grand format

ATTRIBUTION ACTUELLE :
école de LE BRUN Charles

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
LE BRUN Charles

TECHNIQUES :
Plume et encre brune, sur esquisse à la pierre noire et à la sanguine, lavis gris et brun, avec rehauts d'aquarelle et de lavis de lapis-lazuli. Signé au verso, à la plume et encre brune : 'Le Brun'. Annoté, à la plume et encre noire, sur le bord gauche, en haut : '3p.9p.', en bas : '4p.8p.', au centre, sur la corniche : 'A', dans l'angle du plafond, près du buste : 'bas-relief'.
H. 00,400m ; L. 00,420m

HISTORIQUE :
Atelier de Le Brun. Entré dans les collections royales en 1690 ; paraphe de Jean Prioult (L. 2953) au verso ; marque du musée (L. 1886).
Dernière provenance : Cabinet du Roi
Mode d'acquisition : Saisie royale
Année d'acquisition : 1690

INVENTAIRE DU MUSEE NAPOLEON :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.7, p.1312, chap. : Ecole française, carton 114. (...) Num¿ro : 10523. Nom du ma¿tre : Idem [[ Le Brun, Charles /&. Num¿ro d'ordre dans l'oeuvre du ma¿tre : 1509 A.B.C.D.E.F.G.H.I.K.L.M.N.O.P.Q.R.. D¿signation des sujets : Agencemens de plafonds, d'ornemens et de figures. Ces dessins faits de différentes manières. Origine : Idem & Collection ancienne /&. Emplacement actuel : Idem & Calcographie du Musée Napoléon ]]. Signe de recollement : [17 Vu] [[au crayon]] [[trait oblique / à l'encre / à droite du nom du maître]]. Cote : 1DD39

COMMENTAIRE :
Cette feuille, de même que l'inv. 30207 et l'inv. 30177, a été mise en relation par Jennifer Montagu, en 1963, avec le décor que Le Brun a exécuté à une date comprise entre 1653 et 1657 dans la chambre de Pompone II de Bellièvre à l'hôtel des premiers présidents du parlement de Paris, à proximité du palais de Justice. Ce décor aujourd'hui détruit a été décrit par Guillet de Saint-Georges et Claude Nivelon. Ce dessin et l'inv. 30207 étudient un quart de ce qui semble être une voussure. Tracés sur des feuilles produites par le même papetier (B. Colombier), de dimensions similaires et présentant même des trous d'épingle superposables dans les diagonales, les deux projets proposent une structure de plafond proche dans ses grandes lignes et répondant au texte de Nivelon : un ovale dans un carré barlong supporté par un attique. Les mesures notées ici (deux parts mesurant 3 pieds 9 pouces et 4 pieds 8 pouces, soit environ 2,40 et 1,50 m) et l'échelle graduée sur l'inv. 30207 révèlent que cette pièce presque carrée devait mesurer environ 8 mètres sur son grand côté. Les armoiries du commanditaire sont ici figurées, et, selon un jeu fréquent à la période moderne, leurs meubles et leurs supports sont répandus librement et discrètement dans le plafond. Ainsi du trèfle qui se glisse entre les modillons de la corniche (ou dans les guirlandes de feuilles de l'inv. 30207). Ainsi des griffons qui flanquent ici le massif d'angle (et l'édicule du milieu d'un côté de l'inv. 30207). La principale différence entre l'inv. 30208 et l'inv. 30207 tient à la disposition respective des caissons fleuronnés et des arabesques. Malheureusement, le texte de Nivelon mentionne confusément ces deux motifs, ce qui ne permet pas de savoir quelle fut la solution retenue. Aucun des deux dessins ne répond exactement aux descriptions anciennes. Lydia Beauvais propose de voir dans l'inv. 30207 la première pensée, corrigée dans l'inv. 30208. B. Gady inverse la lecture et défend que, paradoxalement, le plus abouti (inv. 30208) précède celui dont le degré d'inachèvement fait toute la singularité (inv. 30207). Si l'empreinte de ce dernier est bien celle d'un quart de voussure, la finition ne porte que sur un huitième, et encore certaines parties restent-elles allusives. Les caissons situés entre la voussure et la moulure ovale sont ébauchés sans aucun souci de perspective ; le compartiment de grotesques de l'attique n'est qu'à moitié repassé à la plume. Tout se passe comme si Le Brun avait présenté un projet très avancé, qu'il avait dû revoir. Il précise alors les nouveautés : les sphinx « feints de sculpture », sur les côtés, évoquant les énigmes que doivent percer les magistrats (Nivelon) ; les médailles ; et peut-être, parmi les arabesques, ces camaïeux remplis des attributs de la Justice, de l'Histoire et de la Victoire (Guillet), qui répondent au compartiment central, où Junon, accompagnée d'Iris, de Minerve, de la Victoire et de la Renommée, donne une image de l'Autorité (Nivelon). En revanche, il se contente d'être elliptique sur les reprises : les caissons fleuronnés qui changent de registre ; les griffons simplement déplacés au centre des côtés pour faire pendant aux sphinx ; sur les tables concaves des angles, l'annotation « bleu » et le contour doré pour signifier le simple changement chromatique des bas-reliefs représentant les quatre Âges du monde. Des traces de report mécanique sont même visibles, tels le verso ombré de l'angle de l'inv. 30208 et les sillons laissés par l'emploi d'un stylet sur l'inv. 30207. L'inv. 30208 porte la signature de Le Brun au verso ; l'inv. 30207 au recto, ainsi que, au verso, celle de deux spécialistes d'architecture et d'ornement, Louis Le Brun et Georges Charmeton, qui agissaient vraisemblablement comme sous-traitants. La lettre A qui se place dans une zone non décrite, simplement passée au lavis, trouve une correspondance dans la zone équivalente du premier dessin, comme s'il s'agissait d'un renvoi explicatif. L'évolution ainsi construite tend vers une diminution des couleurs, qui renforce la logique héraldique. Ces bleus et jaunes qui rehaussent l'inv. 30207, complétés par de nombreux « b » et « o » indicatifs, sont les couleurs de la monarchie, que servait le premier président, mais aussi des armoiries des Bellièvre. Les modifications comportent également la suppression des « tableaux » de l'attique, ce qui donne au registre ornemental une prévalence, usuelle chez Errard, mais très rare chez Le Brun (B. Gady, 2014). Voir également les dessins Inv. 30207 et Inv. 30177. Jennifer Montagu, « The Early Ceiling Decorations of Charles Le Brun », The Burlington Magazine, vol. CV, no 726, septembre 1963, p. 395-408, notamment p. 407. L. Beauvais, Musée du Louvre, Département des Arts graphiques, Inventaire général des dessins, Ecole française, Charles Le Brun, 1619-1690, tome I, Paris, RMN, 2000, n° 3, p. 30. B. Gady, dans cat. exp. 'Peupler les cieux. Les plafonds parisiens au XVIIe siècle', Paris, musée du Louvre, 2014, n° 12.

INDEX :
Collections : Cabinet du Roi
Lieux : Paris, Musée du Louvre, oeuvre en rapport, Paris, Hôtel des Premiers Présidents, oeuvre en rapport, Paris, Hôtel des Premiers Présidents, Paris, Hôtel des Premiers Présidents, Chambre de Pomponne de Bellièvre
Personnes : Pomponne de Bellièvre, Nicolas+
Sujets : griffon - buste - Le Brun, Ch., Décor, Chambre de Pomponne de Bellièvre, Hôtel des 1ers Présidents
Techniques : encre brune - lavis brun - lavis gris - pierre noire - rehauts d'aquarelle - sanguine - aquarelle - lavis de lapis-lazuli - mine de plomb - plume

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 12, p. 297