Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

KUCHARSKI Alexandre


Ecole française

Portrait de Madame Barbier, femme du peintre.
Marie Philippe Claude Dumont-Walbonne (1763 - avant 1837), première épouse du peintre Jacques Luc Barbier, dit Barbier-Walbonne (1769-1860).

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
RF 4514, Recto

LOCALISATION :
Sully II
Epi 6

ATTRIBUTION ACTUELLE :
KUCHARSKI Alexandre

TECHNIQUES :
Pastel sur papier gris-bleu marouflé sur toile tendue sur châssis. Les mesures du cadre sont : H : 00,78 ; L : 00,67 et profondeur : 00,085.
Forme : ovale
H. 00,635m ; L. 00,525m

HISTORIQUE :
En possession du modèle ; puis de sa fille Luce Marie Lavinie (1796-1884), épouse le 23 mai 1819 de Jean Darriule (1774-1850), qui fit toute sa carrière dans l'armée, successivement comme capitaine, lieutenant colonel, colonel et général de brigade à partir de 1813, et fut nommé la même année baron de l'Empire ; puis à leur fille Pauline Fabeline Lavinie, mariée le 2 mai 1843 au baron Xavier Alphonse Emmanuel Léonce Hallez-Claparède (1813-1870) ; à leur fils le comte Philippe Raymond Hallez-Claparède (1846-1917), qui légua le pastel du Louvre en 1917 comme une oeuvre d'Aleksander Kucharski figurant Mme Barbier, femme du peintre, née Walbonne (A.N., 4 DD 29, t. XX, p. 242). Arrêté du 28 juin 1917. Décret de 1921. Entré en 1921.
Dernière provenance : Hallez Claparède, Philippe R.
Mode d'acquisition : legs
Année d'acquisition : 1917


COMMENTAIRE :
Neil Jeffares donne ce portrait à Alexandre Kucharski, Mme Jacques-Luc Barbier-Walbonne, née Marie-Philippe-Claude (1763- avant 1837) (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 268). Une copie au pastel du XIXe siècle était en vente en janvier 2018 à la galerie Acanthes chez Daniel Ploton à Versailles. Une copie peinte à l'huile (0,555 × 0,460 m) a été présentée en vente publique chez Tajan à Paris le 19 décembre 2017, lot 47 (comme école française, vers 1795). Le 6 juin 1767, le roi de Pologne Stanislas Auguste Poniatoski faisait part d'une requête à son amie Mme Geoffrin (cité par Fournier-Sarlovèze, 1905, t. II, p. 421) : « Puisque Kucharski est fait de manière que ni Paris ni Rome ne le feront devenir plus qu'il n'est, renvoyez-le moi plus tôt que plus tard. Les jolies petites choses qu'il sait faire, il les fera ; les grandes et belles qu'il ne sait pas faire, d'autres les feront. » Lors de son accession au trône en 1764, le souverain avait maintenu la bourse qui permettait au jeune artiste de se former à l'Académie royale à Paris, mais à la condition de s'exercer à la peinture d'histoire. Ni le goût ni les talents de Kucharski ne lui permirent de satisfaire au désir du roi. L'artiste renonça aux subventions et préféra rester à Paris, où Mme Geoffrin lui apporta son aide et où il acquit une certaine réputation comme portraitiste. Cité comme maître à dessiner de Mlle de Condé dans l'Almanach des peintres en 1776,sollicité par les élégantes du cercle de Marie-Antoinette, Kucharski obtint l'honneur de portraiturer la reine après le départ de Mme Vigée Le Brun en émigration et tira ensuite subsistance des effigies de la souveraine endeuillée à la prison du Temple, du petit Louis XVII et de sa sœur Madame Royale. Ayant travaillé à l'huile et au pastel, l'artiste a souvent donné à ses modèles féminins une expression un peu mélancolique. La mode des robes de linon et des voiles de gaze l'a également conduit à privilégier les accords chromatiques de gris et de blanc et à jouer magistralement des effets de transparence tant pour les habits que pour les perruques formant de grises auréoles autour de visages au métier fondu et velouté. Avec sa grâce souriante, l'effigie de Mme Barbier-Walbonne tranche avec le reste de l'œuvre de l'artiste. On ne connaît en effet aucun autre portrait où le modèle révèle ainsi sa jolie dentition. Le pastel présente également un traitement graphique dans les cheveux, les volants de dentelles, les gants et le chapeau qui demeure absent des autres créations. Peut-être faut il l'expliquer par la date un peu tardive du pastel offert au Louvre en 1917 par le descendant du modèle. En raison de la robe et du chapeau, l'effigie a été datée par Geneviève Monnier et Yvonne Deslandres des années 1808-1810. Elle pourrait être un peu antérieure. L'attitude donnée au modèle semble reprendre celle d'une œuvre où une jeune femme anonyme s'accoude de façon similaire sur la même chaise et offre le même traitement graphique de la chevelure et du chapeau (fig. 32. Vente Christie's, New York, 10 janvier 1996,lot 251, repr., et Christie's East, New York, 25 novembre 1997. Le pastel porte une fausse signature l'attribuant à Mme Vigée Le Brun, et une fausse date commençant par 177). Épouse de l'élève de David, Jacques Luc Barbier, avec qui elle avait vécu plusieurs années avant de régulariser sa situation matrimoniale le 29 novembre 1800, Marie Philippe Claude Dumont-Walbonne avait déjà posé peu avant 1799 pour François Gérard (Paris, musée du Louvre, inv. RF 2192. Voir Salmon, 2014c, p. 48-51, no 7, repr.). Comme sur le portrait de Kucharski, qui doit lui être contemporain si l'on en juge par l'âge du modèle, la jeune femme rayonnait de beauté et paraissait aussi les mains gantées, dans un habit blanc mettant en valeur l'aspect lunaire de son teint. Quelques années plus tard, c'est à Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823) et à nouveau à François Gérard que le couple ferait appel pour fixer les traits de sa fille Marie Lavinie, née le 30 janvier 1796 (l'œuvre de Gérard est connue par une gravure de 1816, celle de Prud'hon est conservée en collection particulière, voir Laveissière,1997-1998, p. 280-281, no 200, repr.) (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 73, p. 146-147). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 73.

INDEX :
Collections : Barbier Walbonne - Hallez Claparede, Philippe Raymond, comte
Personnes : Barbier, Mme - Kucharski, Mme Alexandre
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 20, p. 242