Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 19/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

ANONYME FRANCAIS XVIIIè s


Ecole française

Portrait de Madame Clotilde.
Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde (1759-1802).

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 34902, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30932

LOCALISATION :
Sully II
Epi 40

ATTRIBUTION ACTUELLE :
ANONYME FRANCAIS XVIIIè s

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
DUCREUX Joseph
Laurent Hugues, 2003

TECHNIQUES :
Pastel sur vélin tendu sur châssis. Morceau de papier crème rectangulaire collé sur le pastel en haut avec numéro à la plume et encre brune : 12995 / F. Au dos du carton protégeant le châssis, numéros, à la plume et encre brune : N III / 30933 ; à la pierre noire : 12995 / F, et annotation à la craie blanche : ... / de la porte / Entrée / 44. Étiquette ancienne avec le numéro d'ordre 34903. Toute la surface du carton est couverte de feuilles de papier imprimées issues d'un ouvrage juridique du XVIIIe siècle. Les mesures du cadre sont : H : 00,79 ; L : 00,67 et profondeur : 00,08.
Forme : ovale
H. 00,612m ; L. 00,492m

HISTORIQUE :
Anciennement en dépôt au Ministère des Finances (dépôt du 04/03/1933) - rentré au département des Arts-Graphiques le 29/01/1990. Peints en 1768. Cités le 1er janvier 1791 dans l'ancienne pièce de la Vaisselle d'or dite pièce des Bijoux dans l'appartement intérieur de Louis XVI au château de Versailles : « 2. Idem [tableaux ovales] en Pastel sous verre représentant Made Clotilde et de Made Elisabeth dans leur Jeunesse » (A.N., O1 1965, État des meubles des Petits Cabinets Intérieurs du Roi non portés sur l'Inventaire et pour y faire suite, 1er janvier 1791). Entrés avant 1827 dans les collections nationales au musée du Louvre. Inscrits en 1832 sur l'inventaire général des musées royaux sous les numéros 12995 E et 12995 F (A.N., 1 DD 97, p. 1725). Dépôt au ministère des Finances du 4 mars 1933 au 29 janvier 1990. Restaurés en 2017 (démontage des cartons de protection, dépoussiérage des dos des vélins, consolidation de la déchirure sur le portrait de Madame Élisabeth, réencadrement).
Année d'acquisition : 1827


COMMENTAIRE :
Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde, née à Versailles le 23 septembre 1759 et morte le 7 mars 1802, fille du Dauphin Louis-Ferdinand et de Marie-Josèphe de Saxe, et petite-fille de Louis XV, sœur des rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, elle épouse le prince de Piémont en 1775 et part pour Turin. Geneviève Monnier (Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 127). Annotation de l'Inventaire sur internet du 03.07.13 : Ólafur Thorvaldsson indique : à mettre en rapport avec le portrait de Marie-Clotilde-Xavière de France, dite Madame Clotilde (Château de Versailles, inv. n° MV 4522). Le musée national du château de Versailles conserve plusieurs exemplaires à l'huile d'après les portraits. Il existe ainsi trois copies classées comme d'après François Hubert Drouais (1727-1775) d'après l'effigie de Madame Clotilde (inv. MV 3902, huile sur toile ovale, 0,65 × 0,54 m ;inv. MV 4522, huile sur toile ovale, 0,65 × 0,53 m ; inv. MV 7428, huile sur toile ovale, 0,57 × 0,52 m, Constans, 1995, vol. I, p. 272, no 1514,repr., p. 273, no 1521, non repr., p. 274, no 1526, repr.). Classée parmi les œuvres de l'atelier de Louis Michel Van Loo (1707-1771), le portrait de Madame Élisabeth (huile sur toile ovale, 0,80 × 0,63 m, inv. MV 3903,Constans, 1995, vol. II, p. 902, no 5092, repr., et Hugues, 2003, p. 155,no 67, repr.) est entré dans les collections du château de Versailles sous le règne de Louis-Philippe. Une collection particulière à Vienne conserve une miniature reprenant le portrait de Madame Clotilde (Keil, 1999,p. 244, no 551 ; repr. par Hugues, 2004, p. 149, fig. 6). Laurent Hugues rend à Joseph Ducreux ce pastel et l'INV 34903 ; leur version à l'huile est à Versailles (MV 3902 et MV 3903). Les portraits originaux exécutés au pastel se trouvaient en 1789 dans la pièce de la vaisselle d'or de l'appartement intérieur du roi. Versailles conserve d'autres répliques à l'huile de Madame Clotilde (MV 4522, MV 7428), maintenant données à Ducreux, elles étaient attribuées à François Hubert Drouais ou Louis Michel Van Loo. Une miniature de ce portrait attribuée à Ducreux est à Vienne (Ôsterreichische Nationalbibliothek, E 20560-B) (La famille royale et ses portraitistes sous Louis XV et Louis XVI, p. 135-176, repr. p. 148, dans De soie et de poudre, Portraits de cour dans l'Europe des Lumières, sous la dir. scientifique de Xavier Salmon, Actes Sud / EP du musée et du domaine national de Versailles, 2004). On doit à Laurent Hugues d'avoir identifié l'auteur et les modèles des deux pastels. Dans un état de conservation qui souligne une exposition trop prolongée à la lumière et des manipulations maladroites, les portraits demeuraient négligés. À l'occasion des préparatifs annonçant le mariage du Dauphin, futur Louis XVI, avec l'archiduchesse d'Autriche Marie-Antoinette, décision avait été prise d'envoyer à Vienne un portraitiste afin de fixer les traits de la future épouse. À François Hubert Drouais, initialement pressenti, on avait finalement préféré Joseph Ducreux, plus jeune et moins onéreux. Reçu à l'Académie de Saint-Luc le 29 octobre 1764, l'artiste s'était fait connaître d'une clientèle choisie dont les noms consignés par le portraitiste lui-même sur une liste chronologique soulignent la diversité et la renommée. Cependant, avant de le faire partir pour l'Autriche, l'administration des Menus Plaisirs avait souhaité éprouver son talent en lui passant commande des portraits de Madame Adélaïde, l'une des filles de Louis XV, et des « petites Mesdames », Madame Clotilde et Madame Élisabeth, soit les sœurs du futur roi de France. Retrouvé par Laurent Hugues, le mémoire de l'artiste avait été inscrit par les Menus Plaisirs au chapitre des « préparatifs du mariage du Dauphin » sur l'exercice de 1768 (A.N., O1 3029 B). Il semble que le portrait de Madame Adélaïde ait alors été peint à l'huile. Il est aujourd'hui conservé en collection particulière (Hugues,2004, repr. p. 145, fig. 3). Ainsi que le révèle le mémoire envoyé en 1770 par la gouvernante des princesses, Mme de Marsan, pour que l'artiste soit payé, les effigies des deux fillettes furent exécutées au pastel et sont très certainement celles du musée du Louvre. Au tout début de l'année 1769, peu de temps avant que Ducreux ne prenne le chemin de Vienne, le portrait de Madame Clotilde se trouvait encore dans l'atelier de l'artiste puisque, le 23 janvier, le comte von Zinzendorf notait dans son journal : « Le Matin un moment chez le peintre Ducreux rue Dauphine que le roi envoye à Vienne. Il avoit chez lui le portrait de Madame assez ressemblant à la graisse près qu'il a un peu diminué » (Vienne, Archives de l'État, cité par Hugues, 2004,p. 147). Bien que non dénuées de maladresse, les chairs paraissant un peu trop crayeuses, les attitudes à la manière de Louis Michel Van Loo un peu trop raides, les étoffes et le petit chien trop peu réalistes, les œuvres donnèrent toute satisfaction. Non seulement elles firent l'objet de répliques ou de copies, mais elles trouvèrent aussi place dans les appartements de Versailles et y demeurèrent longtemps. Au tout début de l'année 1791, les deux pastels « sous verre représentant Madame Clotilde et l'autre Madame Élisabeth dans leur jeunesse »étaient ainsi cités dans l'ancienne pièce de la Vaisselle d'or au sein de l'appartement intérieur de Louis XVI (A.N., O1 1965). Outre ces deux effigies, la pièce abritait également un « ovale peint à l'huile représentant Mr le comte d'Artois dans sa jeunesse », œuvre probable de Louis Michel Van Loo, un pastel « à cadre quarré », représentant « M. le Dauphin Père de Louis 16 de 18 pouces de haut sur 14 pouces de large » peut-être peint par Alexandre Roslin, un portrait « peint à l'huile représentant l'Empereur [Joseph II] dans son cadre richement sculpté et doré surmonté d'un aigle couronné », deux autres « en Pastel sous verre représentant 2 frères de l'Empereur dans leurs cadres de bois sculpté et doré », où l'on doit reconnaître deux des œuvres peintes en 1769 à Vienne par Ducreux, ainsi que trois autres portraits de famille non détaillés. En 1775, Joseph Ducreux était à nouveau appelé par la comtesse de Marsan à livrer des images de Madame Clotilde à l'occasion de son mariage avec Charles Emmanuel de Savoie, prince de Piémont, fils aîné du roi Victor-Amédée III de Sardaigne et de Marie-Antoinette d'Espagne. Les mémoires conservés (A.N., O1 3054, dossier 2 et no 247, cité par Lyon, 1958, p. 63-66) des trois originaux peints à l'huile et des sept copies destinées aux membres de la famille royale et à la cour de Turin semblent alors distinguer deux compositions, l'une figurant la princesse jouant de la guitare (fig. 17. Paris, collection particulière, reprise en miniature également en collection particulière), l'autre, non précisée, qui correspond sans doute au portrait où la princesse apparaît en buste tournée vers la gauche, vêtue d'une robe rose avec une palatine de dentelles et le nœud du parfait contentement de couleur bleue (repr. par Jeffares, www.pastellists.com, Joseph Ducreux, p. 7, no J. 285.276) (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 52, p. 116-117).

INDEX :
Lieux : Versailles, Musée national du château, oeuvre en rapport, Vienne, Österreichchische Nationalbibliothek, oeuvre en rapport
Personnes : Marie-Clotilde-Xavière de France, dite Madame Clotilde
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 14, p. 278