Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 27/09/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

ANONYME FRANCAIS XVIIIè s


Ecole française

Portrait de Madame la duchesse de Livrac.
Anne Marie de Durfort, duchesse de Civrac (1720-1786).

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 34896, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30926

LOCALISATION :
Sully II

ATTRIBUTION ACTUELLE :
ANONYME FRANCAIS XVIIIè s

TECHNIQUES :
Pastel sur trois morceaux de papier bleu à joints couvrants encollés sur papier brun, le tout cloué sur châssis Au dos de la feuille d'encollage, annotation à la plume et encre noire : Inventaire Gal / no 12993 ; numéros au crayon : 1407 et no 1 et à la craie : 0.48 / 0.58 / no 28
Forme : ovale
H. 00,578m ; L. 00,475m

HISTORIQUE :
Il est difficile, comme le proposait Geneviève Monnier en 1972, de reconnaître dans cette œuvre l'un des quatre portraits de femme en pastel cités dans l'État des tableaux, sculptures, dessins et gravures inventoriés par la Commission des arts du département de Seine-et-Oise le 18 septembre 1793 et jours suivants au château d'Orsay et transportés au musée de Versailles (A.N., cote 20150040/13). Ce document n'est en effet pas suffisamment précis. Le pastel est inscrit sous le nom de François Boucher sur l'inventaire manuscrit des dessins du Louvre établi par Morel d'Arleux, conservateur du Cabinet des dessins de 1797 à 1827 (IX, p. 1741, no 12993), comme le portrait d'une femme inconnue. Entre 1812 et 1823, Morel d'Arleux a précisé qu'il s'agissait de « Madame la De de Civrac » et que le pastel portait le numéro 28 dans l'état de 1812. Conservé chez le gouverneur du palais de Versailles au moment de l'inscription sur l'inventaire, le pastel a été remis à la Chalcographie royale le 13 décembre 1823 sous le numéro 19. La même année, il apparaît sur l'État des pastels, peintures sur verre, gouaches, miniatures, aquarelles,et dessins montés sous verre, placés dans les palais de Versailles et de Trianon et dans les dépôts comme « propriété Civrac » (A.N., cote 20150040/14, no 19). Il a été déposé au Petit Luxembourg (Sénat) par le musée du Louvre du 20 décembre 1920 au 30 avril 2015.
Dernière provenance : Orsay, Pierre Marie Gaspard Grimod, comte d'
Mode d'acquisition : Saisie des Emigrés


COMMENTAIRE :
Neil Jeffares donne ce pastel à Ecole française, portrait de La duchesse de Civrac ?, (née Marie-Anne de La Faurie de Monbadon (1720-1786)) (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 580). S'il est impossible de retenir le nom de François Boucher donné par Morel d'Arleux comme auteur du pastel, il est en revanche nécessaire de considérer l'identité proposée pour le modèle. Fille de Jean-Baptiste de La Faurie de Monbadon, appartenant à une famille ayant eu d'importantes charges au Parlement de Bordeaux, et de Marie de Lageard de Cherval, Anne Marie de La Faurie de Monbadon épousa le 24 août 1744 Jacques Aimeric Joseph de Durfort (1716-1787), « seigneur de Durfort, marquis de Durfort et de Génissac». Successivement ambassadeur de France à Venise, à Naples,puis à Vienne, chevalier des ordres du Roi et chevalier d'honneur de Madame Victoire, fille de Louis XV, il porta le titre de duc de Civrac à partir de 1774. Dame surnuméraire de Mesdames cadettes, Victoire, Sophie et Louise à partir de 1751, dame d'atours de Mesdames cadettes à partir de 1756, dame d'honneur de Madame Victoire de 1775 à 1786, la duchesse de Civrac compta à Versailles au nombre des personnalités de la Cour. Ainsi que l'indiquait Mme Campan dans ses mémoires, « la marquise de Durfort, depuis duchesse de Civrac, avait procuré à Madame Victoire les douceurs d'une société aimable. La princesse passait presque toutes ses soirées chez cette dame, et avait fini par s'y croire en famille ». Charmante par le naturel et la bonté, selon Mme de Genlis, la duchesse mourut subitement à l'âge de soixante-six ans dans l'exercice de sa charge, le 28 octobre 1786 à Versailles. En considérant ces éléments biographiques, on peut légitimement penser qu'au moins un exemplaire du portrait de la duchesse était conservé à Versailles, soit dans l'appartement qui avait été mis à sa disposition, soit chez Madame Victoire. Pouvait-il s'agir du pastel du musée du Louvre ? Cité par Morel d'Arleux, l'état de 1812 comportait peut être le nom de la duchesse. La comparaison du portrait du Louvre avec celui peint à la manière de Jean-Martial Frédou que conserve la descendance de la duchesse au château de Juigné dans la Sarthe (Durand, 1975, repr. pl. 14), et avec sa copie de la fin du XVIIIe siècle (Paris, C.P.D.H.S.) légitime l'identification donnée par Morel d'Arleux. Les yeux sont du même ton marron. Le nez est long. La bouche est petite. Seul l'âge de la duchesse distingue les deux effigies. Sur l'une, le modèle est vêtu d'une robe de velours rouge à parements de fourrure typique des années 1750. Sur l'autre, elle paraît à la mode des années 1760-1770, la perruque plus haute piquée d'un voile et d'un ruban bleu (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 154, p. 299). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 154.

INDEX :
Collections : Orsay, Pierre Marie Gaspard Grimod, comte d'
Personnes : Livrac, duchesse de - Civrac, duchesse de
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 14, p. 277