Les collections du département desarts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 11/07/2018 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

BOZE Joseph


Ecole française

Portrait du comte d'Orsay, de profil, poudré
Portrait présumé du roi Christian VII de Danemark ( 1749-1808) ou de son demi-frère Frederick, prince héréditaire de Danemark ( 1753-1805).

INVENTAIRES ET CATALOGUES :
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
INV 25043, Recto

Anciens numéros d'inventaire :
NIII30919

LOCALISATION :
Sully II
Epi 5

ATTRIBUTION ACTUELLE :
BOZE Joseph

PROPOSITIONS D'ATTRIBUTIONS :
Manière de HOYER Cornelius
Xavier Salmon, 2018

TECHNIQUES :
Pastel sur parchemin tendu sur châssis. La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien des American Friends of the Louvre en 2012.
H. 00,566m ; L. 00,423m

HISTORIQUE :
L'oeuvre correspond peut-être au numéro 95, « Portrait au pastel extrait pour la bordure et le verre », de l'Etat des tableaux, sculptures, dessins et gravures inventoriés par la commission des arts du département de Seine et Oise le 18 septembre 1793 et jours suivants au château d'Orsay et transportés au musée de Versailles comme saisie d'émigré (A.N., cote 20150040/13, anciennement V3). Elle est citée par François Lauzan le 10 juin 1823 dans l'Etat des pastels, peintures sur verre, gouaches, peintures sur porcelaines, miniatures, aquarelles et dessins montés sous verre, placés dans les palais de Versailles et de Trianon et dans les dépôts (A.N.,cote 20150040/14, anciennement V3) sous le numéro 22 comme « Un portrait vû de profil présumé être celui de feu Mr le Cte d'Orsay », sans nom d'artiste et comme « propriété d'Orsay ». Morel d'Arleux inscrit le pastel avant 1827 sur l'inventaire général du musée Napoléon devenu Musée royal, sous le nom de Joseph Boze, sous le numéro 12983. Portrait du comte d'Orsai. Il précise qu'il portait le numéro 18 dans l'état de 1812 et qu'il a été remis à la Chalcographie le 13 septembre 1823 sous le numéro 22. Le portrait est à nouveau inscrit en 1832 sur l'inventaire général des musées royaux sous le numéro 12983 (A.N., 1 DD 97, p. 1724). L'oeuvre a été légèrement agrandie à une époque indéterminée et fixée à cette occasion sur son actuel châssis au moyen de bandes de tension (lin ?). Les bords ont alors été retouchés. Conduite en 2012 et 2014 par Marianne Bervas et Valérie Luquet, la restauration a permis, après décadrage, de dépoussiérer le verso du parchemin, d'éliminer mécaniquement les moisissures sur le recto et de placer l'oeuvre dans un nouveau cadre emboîtant. Il n'y a plus aucune raison de retenir pour le pastel ni le nom de Joseph Boze ni celui de Pierre Marie Gaspard Grimod,comte d'Orsay, et ce même si l'œuvre lui a effectivement appartenu. Retenue par Morel d'Arleux au début du XIXe siècle, l'attribution au pastelliste né à Martigues est impossible pour des raisons stylistiques. L'identification proposée du modèle ne supporte pas non plus la comparaison avec le pastel peint par Jean Valade censé figurer le collectionneur (fig. 31. Collection particulière). Dès 1983, à l'occasion de l'exposition dédiée aux dessins du musée du Louvre ayant appartenu au comte d'Orsay, Jean-François Méjanès avait été le premier à reproduire cette œuvre conservée dans la descendance du modèle sous une attribution traditionnelle à François Hubert Drouais. Jean-Jacques Petit en a légitimement rendu la paternité à Jean Valade (Join-Lambert et Leclair, 2017, p. 383). Figuré de profil, l'homme anonyme du Louvre porte sur son habit le ruban bleu et la plaque de l'ordre danois de l'Éléphant ornée de la croix argent sur fond rouge. Cette prestigieuse décoration créée par Christian Ier de Danemark et dont les statuts furent mis en place en 1693 par Christian V a conduit Neil Jeffares à reconnaître dans le modèle masculin un membre de la famille royale danoise (www.pastellists.com, danish school). Le profil offre en effet de grandes similitudes avec celui du souverain Christian VII (1749-1808) ou de son demi-frère Frederick (1753-1805),prince héréditaire. Comme sur le pastel du Louvre, les deux hommes ont été à plusieurs reprises portraiturés avec le même regard bleu,le même menton empâté et la même perruque « au solitaire » attachée par un nœud noir sur la nuque. L'œuvre n'est pas sans rappeler les effigies de la famille royale danoise qu'exécuta Cornelius Høyer (1741-1804). Formé à l'Académie de Copenhague, l'artiste reçut une bourse royale qui lui permit de venir à Paris en 1764 et de suivre les enseignements de Jean-Jacques Bachelier et Jean-Baptiste Massé. Il voyagea en Italie et à Dresde à partir de 1766 avant de rejoindre le Danemark en 1768. L'œuvre du Louvre présente de grandes affinités avec les quelques portraits au pastel qu'il peignit vers 1777-1778 des membres de la famille royale danoise (Château de Rosenborg,inv. 21-33, 19-345 et 21-37). Malgré son mauvais état de conservation,peut-être faut-il y reconnaître une œuvre de l'artiste peinte lors de son séjour parisien. (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, éditions du Louvre, Paris,2018, 72.p.145).
Année d'acquisition : 1793


COMMENTAIRE :
Geneviève Monnier, Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 36. Gérard Fabre, Joseph Boze, 1745-1826, Portraitiste de l'Ancien Régime à la Restauration, Martigues, Musée Ziem, 18 novembre 2004 - 20 février 2005, Paris, Somogy, Martigues, Musée Ziem, 2004, retiré du corpus Boze, cité p. 148, non repr. ( voir Bibliographie : Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, éditions du Louvre, Paris,2018, 72.p.145).

INDEX :
Collections : Orsay, Pierre Marie Gaspard Grimod, comte d'
Personnes : Orsay, comte d'
Sujets : portrait
Techniques : pastel

REFERENCE DE L'INVENTAIRE MANUSCRIT :
vol. 10, p. 237