Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 22/01/2013 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

PACINO DI BONAGUIDA


Ecole florentine
documenté en 1303-documenté en 1330


BIOGRAPHIE :
'Le nom de Pacino di Bonaguida - l'un des artistes florentins les plus productifs et les plus importants de la première moitié du XIVe siècle - apparaît pour la première fois dans un document du 20 février 1303 faisant état de la dissolution de son association avec le peintre Tambo di Serraglio, formée un an plus tôt. Dans ce document, Pacino di Bonaguida est denommé alors un 'publicus artifex in arte pictorum', ce qui permet de penser qu'il avait vraisemblablement commence son activité quelques années plus tôt, probablement dans la dernière décennie du XIIIe siècle. Il n'est fait référence à cet artiste que dans un seul autre document qui mentionne son inscription entre 1327 et 1330 à l'Arte de' Medici et Speziali, la guilde dont les peintres faisaient partie. Un retable signé, une 'Crucifixion avec quatre saints' représentés debout (Florence, Galleria dell'Accademia, inv. 8568), comporte une date fragmentaire [MCCCX], généralement interprétée comme 1315 ou 1320, bien qu'un argument ait aussi été avancé en faveur de l'année 1340. Sur la base de preuves indirectes, il est possible de dater approximativement plusieurs manuscrits enluminés par Pacino di Bonaguida : les 'Décrétales de Giovanni Andrea' (v. 1334, Biblioteca Apostolica Vaticana) ; 'Cronica de Giovanni Villani' (v. 1333-1340, Biblioteca Apostolica Vaticana) ; le 'Panégyrique de Robert d'Anjou' (v. 1336, Londres, British Library) ; et 'Ammaestramenti degli antichi' de Bartolomeo di San Concordio (v. 1343, Milan, Biblioteca Nazionale Braidense). Aucun élément témoignant de l'activité de Pacino di Bonaguida au-delà de 1343 n'a été découvert à ce jour. La personnalité artistique de Pacino di Bonaguida a dans un premier temps été reconstituée à partir de la seule oeuvre qui porte son nom, le retable signé de la Crucifixion conservé à l'Accademia à Florence. Richard Offner a regroupé autour de celui-ci un nombre remarquable de panneaux et d'enluminures qui dénotent une très forte adhésion à une seule et même expression stylistique mais dont la qualité d'exécution est très variable. Il en a conclu que Pacino di Bonaguida avait dirigé un atelier qui, longtemps actif et jouissant d'un succès commercial, avait eu une production démesurée pour un peintre qui, selon lui, n'avait qu'un modeste talent. Par la suite, d'autres historiens de l'art ont augmenté le corpus d'oeuvres identifié par R. Offner, mais les tentatives pour subdiviser cet ensemble croissant en groupes attribuables à diverses personnalités gravitant autour de Pacino di Bonaguida ont rencontré un succès limité. Il n'a pas non plus été possible d'établir une chronologie absolument convaincante de l'oeuvre de l'artiste en raison du caractère statique de sa production. Selon une théorie actuellement en vogue, la majorité des peintures sur panneau ayant survécu dateraient des deux ou trois premières décennies de la carrière de Pacino di Bonaguida, et, le style de ses tableaux - peut-être perçu comme démodé - ayant été par la suite moins recherche, il se serait consacré à l'enluminure de manuscrits dans les années 1320 et 1330. Selon une théorie opposée, l'influence sur Pacino di Bonaguida d'oeuvres de Giotto datant de différentes phases de la carrière de ce maitre prouverait au contraire que l'artiste plus jeune continua à peindre sur panneau au moins jusqu'en 1340. Cependant, on s'accorde généralement à penser qu'une grande partie de l'activité d'enlumineur de Pacino di Bonaguida se situa au cours de la seconde moitié de sa carrière, et qu'il fut clairement la figure centrale et dominante du renouveau de cette forme artistique à Florence.' - Laurence B. Kanter, dans 'Les enluminures du Louvre, moyen âge et Renaissance', catalogue raisonné sous la direction scientifique de François Avril, Nicole Reynaud et Dominique Cordellier, assistés de Laura Angelucci et Roberta Serra, Paris, 2011, p. 53.