Inventaire du département desArts graphiques Musée du Louvre
Mise à jour de la fiche 24/01/2013 Attention, le contenu de cette fiche ne reflète pas nécessairement le dernier état du savoir.

DECIO Giovanni Giacomo


Ecole lombarde
Documenté en 1508-Documenté en 1541


BIOGRAPHIE :
'Cet artiste a laissé sa signature dans quatre de ses oeuvres, dont le missel offert en mars 1534 à la cathédrale de Vigevano par Francesco II Sforza, duc de Milan : 'decius fa'. (Museo del Duomo, f. 121vo). Évidemment, à l'époque, cette signature suffisait à l'identifier auprès de ses contemporains. En revanche, une fois le souvenir de son nom perdu, à partir de Giuseppe Allegranza (1778), le missel de Vigevano a souvent été attribué à Agostino Decio, le membre le plus célèbre de cette dynastie d'enlumineurs et d'orfèvres milanais. Longtemps controversée, cette identification est désormais rejetée grâce aux documents d'archives qui ont permis à Rossana Sacchi de restituer le nom de notre enlumineur, Giovanni Giacomo Decio, le père d'Agostino (le témoignage d'Allegranza est cité par Gerolamo D'Adda, Gerolamo Mongeri, « L'arte del minio nel ducato di Milano dal secolo XIII al XVI », Archivio storico lombardo, XII, 1885, p. 784 ; Rossana Sacchi, 'Il Disegno incompiuto. La politica artistica di Francesco II Sforza e di Massimiliano Stampa', 2 voll., Milan, 2005, II, p. 525-558). Ces documents nous informent qu'en 1508 Giovanni Giacomo habitait à Milan, paroisse de San Babila, et qu'à cette date son père, Giovanni Antonio, était mort (Une initiale signée 1480. IO[HANNES ANTONI]US DE DEXI[O] F[EC]IT a été publiée dans 'Les Enluminures, Recent Aquisitions', 2006, p. 34, n° 18). Vers 1527, Giovanni Giacomo et son frère Agostino quittèrent Milan, où en 1529 les imprimeurs Da Legnano réclamèrent leur héritage. En 1530 Giovanni Giacomo, revenu à Milan, était en affaires avec Giovanni Antonio da Legnano. Au milieu des années 1530, riches en commandes ducales, il prit un apprenti, Cesare Crispi. En 1537, il aurait participé avec d'autres magistri - dont le sculpteur Bambaia - à une réunion pour la construction d'une porte de la cathédrale de Milan (Annali, 1880, III, p. 265. Ce Johannes Jacobus de Desio est le seul appelé dominus parmi les magistri. S'agit-il de l'enlumineur ?). Il rédigea son testament le 17 janvier 1541. Le 2 juillet 1551, son fils Giovanni Antonio est cité en qualité d'héritier. Il faut ajouter à ce maigre dossier le témoignage de Paolo Morigia qui, en 1595, célèbre la qualité des dessins de Giovanni Giacomo Decio, ses perspectives et ses paysages (P. Morigia, 'La nobiltà di Milano, 1595, p. 283). Le corpus d'enluminures de cet artiste comprend plusieurs manuscrits, un livre imprimé, quelques diplômes et fragments, parmi lesquels un livre d'heures (Philadelphie, Free Library, Lewis E 206, communication écrite de F. Avril), deux initiales enluminées d'un livre imprimé en 1514, B. Fedeli, De praerogativa beati Ioannis Baptistae (Chantilly, musée Condé, XII H 10), A. Menez de Silva, Apocalypsis Nova (Paris, BnF, Lat. 9587), l'évangéliaire de Francesco II Sforza, 1531-1533 (Milan, Biblioteca Trivulziana, Cod. 2148), quatre livres liturgiques offerts par le même duc à la cathédrale de Vigevano en 1534 (Museo del Duomo), le missel de Santa Maria della Scala, 1535 (New York, Pierpont Morgan Library, M. 377), un livre d'heures ambrosien, autrefois dans la collection Rothschild (Sotheby's, Londres, 6 juillet 2000, lot 78), un livre d'heures à l'usage de Tours (New York, Pierpont Morgan Library, M. 1030), six initiales dans trois antiphonaires de Santa Maria de Crescenzago, vers 1530 (Milan, Basilica di Sant'Ambrogio, M 48, 50, 46). Quelques xylographies de Giovanni Giacomo Decio illustrent un missel et un livre d'heures imprimés à Venise par Gerolamo Scotto en 1542 et en 1544. On lui attribue également les émaux peints et les verres églomisés d'objets liturgiques ou de dévotion, dont un calice (Milan, Castello Sforzesco, inv. Oreficerie 80) et un baiser de paix (Paris, musée du Louvre, département des Objets d'art, O.A. 10584) (Les noms de plusieurs Decio sont cités parmi les orfèvres milanais ; voir Daniela Romagnoli, 'La matricole degli orefici di Milano. Per la storia della scuola di Sant'Eligio dal 1311 al 1773', Milan, 1977, p. 6, 71, 140, 149 ; Paola Venturelli, « I vasi argentei, con bel smalto et oro / da lui già fatti con mirabil spesa. Oggetti preziosi in relazione al Moro e al tesoro sforzesco », dans "Io son la volpe dolorosa". Il ducato e la caduta di Ludovico il Moro, settimo duca di Milano (1494-1500), sous la dir. de Emanuela Saita, Milano, 2000, p. 47, n. 36)' (Pier Luigi Mulas dans 'Les enluminures du Louvre, moyen âge et Renaissance', catalogue raisonné sous la direction scientifique de François Avril, Nicole Reynaud et Dominique Cordellier, assistés de Laura Angelucci et Roberta Serra, Paris, 2011, p. 109).